
Il n'est encore qu'un jeune avocat lorsqu'il est élu pour la première fois à la Chambre des communes, en 1984, sous la bannière du Parti progressiste-conservateur (PPC). Deux ans plus tard, à l'âge de 28 ans, il établit un record en étant nommé ministre d'État à la Jeunesse par le premier ministre Brian Mulroney. Écarté temporairement du cabinet en 1990 à la suite d'un appel téléphonique inopportun à un juge, il réintègre le conseil des ministres en 1991. Il est alors à la tête du ministère de l'Environnement. Défait par Kim Campbell lors de la course au leadership du PPC, en 1993, il occupe par la suite brièvement les postes de vice-premier ministre et ministre de l'Industrie et du Commerce. Un des deux seuls candidats progressistes-conservateurs élus à la suite de la déroute de 1993, il succède sur une base intérimaire, puis officielle, à Campbell à la tête du parti, en 1995. Son travail de reconstruction permet au PPC de faire élire une vingtaine de députés lors des élections de 1997. Sujet à de fortes pressions depuis sa vigoureuse défense du fédéralisme canadien lors de la campagne référendaire de 1995, Jean Charest devient, en 1998, chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Défait lors des élections générales de 1998, il dirige l'opposition à l'Assemblée nationale jusqu'à la victoire de son parti, le 14 avril 2003. La campagne met en évidence le talent de débatteur de Charest dont le mandat s'avère toutefois houleux. Réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire en 2007, il joue la carte de la stabilité face à la crise économique qui s'annonce pour reprendre une majorité lors des élections de décembre 2008. Il devient ainsi le premier premier ministre québécois en plus de 50 ans à obtenir un troisième mandat consécutif. Des allégations de corruption dans le secteur de la construction et la contestation étudiante du printemps 2012 plombent la popularité des libéraux qui chutent dans les sondages. Battu dans sa circonscription de Sherbrooke lors des élections générales du 4 septembre 2012, Jean Charest annonce qu'il quitte son poste de chef du PLQ, après plus de 28 années en politique passées à la Chambre des communes et à l'Assemblée nationale du Québec.
En référence:
L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p. 466.
En complément:André Pratte, L'énigme Charest, Montréal, Boréal, 1998, 358 p.
Dans les médias
| Lorsqu'il devient premier ministre : 44 ans, 10 mois, 5 jours
|
