
Il voit le jour à Montréal mais pratique le droit à Québec avant de se lancer dans l'arène politique sur la scène fédérale, en 1945. Candidat libéral élu dans la circonscription de Montmagny-L'Islet, il accède au cabinet du premier ministre Louis Saint-Laurent en 1953 comme ministre des Ressources et du Développement économique. Peu de temps après la défaite des libéraux aux mains des progressistes-conservateurs de John Diefenbaker, en 1957, il quitte Ottawa et joint les rangs du Parti libéral du Québec (PLQ) dont il devient le chef en 1958. Après 16 années dans l'opposition, les libéraux s'emparent du pouvoir en 1960. Autour de lui, Jean Lesage regroupe un groupe de ministres - Georges-Émile Lapalme, Paul Gérin-Lajoie, René Lévesque, etc. - que l'on surnomme « l'équipe du tonnerre ». Leur perception interventionniste du rôle de l'État et la série de mesures sociales et économiques qu'ils adoptent sont au coeur de la Révolution tranquille qui s'amorce. En 1962, la décision de précipiter des élections générales sur le thème de la nationalisation des compagnies d'électricité profite au premier ministre. La plupart des observateurs s'entendent pour dire qu'il remporte à cette occasion le premier débat télévisé des chefs de l'histoire au Québec qui l'oppose, le 11 novembre, à Daniel Johnson. Lesage utilise ce second mandat pour mener à terme d'autres projets ambitieux, dont la création d'un ministère de l'Éducation, la mise en place d'un Régime des rentes québécois et la formation de la Société générale de financement. La défaite de son parti en 1966, en dépit du fait qu'il récolte 47 % des votes exprimés, le relègue toutefois au rôle de chef de l'opposition. Il y reste jusqu'à son départ de la politique, en 1970. Sa place dans l'histoire du Québec demeure étroitement liée au rôle prépondérant qu'il a joué dans la Révolution tranquille.
En référence:
L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1404. Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.356-357, Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.648-651.
En complément:Robert Comeau et al.,Jean Lesage et l'éveil d'une nation : les débuts de la révolution tranquille, Sillery, Presses de l'Université du Québec, 1989, 367 p. Dale C. Thomson, Jean Lesage et la Révolution tranquille, Montréal, Éditions du Trécarré, 1984, 615 p. Richard Daigneault, Lesage, Montréal, Libre Expression, 1981, 302 p.
Compléments biographiques
Né à Montréal, le 10 juin 1912
Candidat élu du Parti libéral du Canada à la Chambre des communes dans Montmagny-L'Islet (1945, 1949, 1953, 1957, 1958)
Candidat élu du Parti libéral du Québec à l'Assemblée législative dans Québec Ouest (1960, 1962) et Louis-Hébert (1966)
Gouvernement de Louis Saint-Laurent (Ottawa)
Adjoint parlementaire du secrétaire d'État aux Affaires extérieures (24 janvier 1951 - 31 décembre 1952)
Adjoint parlementaire du ministre des Finances (1er janvier au 13 juin 1953)
Ministre des Ressources et du Développement économique (17 septembre au 15 décembre 1953)
Ministre du Nord canadien et des Ressources nationales (16 décembre 1953 - 21 juin 1957)
Chef du Parti libéral du Québec (31 mai 1958 - 17 janvier 1970)
Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif (5 juillet 1960 - 16 juin 1966)
Ministre des Finances (5 juillet 1960 - 16 juin 1966)
Ministre des Affaires fédérales-provinciales (28 mars 1961 - 16 juin 1966)
Ministre du Revenu (30 mai au 8 août 1963)
Chef de l'opposition (1966 - 1970)
Décédé à Sillery (Québec), le 12 décembre 1980
Lorsqu'il devient premier ministre : 48 ans et 25 jours
Lorsqu'il quitte : 54 ans et 6 jours
Il a été premier ministre pendant : 5 ans, 11 mois et 11 jours (1960-1966)
Référence : site de l'Assemblée nationale du Québec http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/lesage-jean-4181/biographie.html
Dans les médias
| «...Le geste courageux, spectaculaire et inattendu qu'a fait hier, à Québec, M. Jean Lesage est typique de cet homme d'action. Aux plus beaux jours de sa carrière comme chef libéral, M. Lesage brilla surtout par la clarté de son esprit et son aptitude à prendre très vite, au besoin, des décisions difficiles. Autant M. Lesage avait paru, ces derniers temps, nébuleux et oscillant sur la question du leadership, autant sa décision d'hier rappelle ce don qu'il avait naguère de ramasser dans un mot d'action décisif les situations les plus complexes. (...) Comme chef du parti libéral, il fut l'homme qui, faisant fructifier la semence jetée par un prédécesseur éclairé, sut engager son parti pour de bon dans les voies d'une démocratisation plus réelle. Comme premier ministre, il passera à l'histoire comme le chef qui fit entrer le Québec dans l'âge moderne et qui entreprit avec une énergie peu commune la modernisation de l'appareil de l'État et l'affirmation positive des valeurs et des aspirations distinctes du Québec. Il laisse à ceux qui étudieront demain l'histoire, l'un des plus riches bilans législatifs qu'ait jamais accumulé un premier ministre québécois. »
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