
Économiste de formation, il enseigne à l'École des hautes études commerciales et participe à titre de consultant et de conseiller à plusieurs réalisations d'envergure de la Révolution tranquille (nationalisation des compagnies d'électricité, création du plan de pension du Québec, de la Caisse de dépôt et de placement, etc.). Il joint les rangs du Parti québécois (PQ) peu de temps après sa fondation et est candidat défait lors des élections de 1970 et 1973. Lorsque le PQ forme le gouvernement, en 1976, le premier ministre René Lévesque lui confie les poste de ministre des Finances et du Revenu, ainsi que la présidence du Conseil du trésor. Toujours aux Finances pendant la crise économique des années 1980, il met en place le Régime d'épargne-actions qui sera salué comme une de ses plus grandes réussites. Son refus d'accepter la mise en veilleuse du projet souverainiste - le « beau risque » - mène à son départ du gouvernement, en 1984. Successeur de Pierre Marc Johnson, en 1988, il dirige le PQ lors des élections générales de 1989. L'échec des ententes constitutionnelles de Meech et Charlottetown, ainsi que la détérioration de l'économie, favorisent son avènement au pouvoir en 1994. Jacques Parizeau souhaite donner un nouvel élan au gouvernement (« L'autre façon de gouverner »), mais son objectif principal demeure la réalisation de l'indépendance du Québec. Fidèle à son engagement, il tient un référendum le 30 octobre 1995. Cette soirée est marquée par la défaite dramatique du Oui, ainsi que des propos controversés de sa part sur « l'argent et des votes ethniques » qui feront la manchette. Il démissionne ensuite de son poste de premier ministre. Auteur de nombreux textes et ouvrages, il continue de se passionner pour les questions économiques et demeure un des porte-parole les plus connus du mouvement souverainiste.
En référence:
Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p. 444. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p. 1802-1803.
En complément:Pierre Duchesne, Jacques Parizeau, Montréal, Québec/Amérique, 2001, 2 v.
Compléments biographiques
Né à Montréal, le 9 août 1930
Candidat du Parti québécois élu à l'Assemblée nationale dans L'Assomption (1976, 1981, 1989, 1994)
Défait dans Ahuntsic (1970) et Crémazie (1973)
Gouvernement de René Lévesque
Ministre du Revenu (26 novembre 1976 - 21 septembre 1979)
Président du Conseil du trésor (26 novembre 1976 - 30 avril 1981)
Ministre des Finances (26 novembre 1976 - 22 novembre 1984)
Ministre des Institutions financières et Coopératives (30 avril 1981 - 9 septembre 1982)
Démissionne du cabinet le 22 novembre 1984 et de son poste de député le 27 novembre 1984.
Élu chef du Parti québécois (19 mars 1988)
Chef de l'opposition officielle (28 novembre 1989 - 24 juillet 1994)
Président du Comité du Non dans le cadre du référendum sur l'accord de Charlottetown (1992)
Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif (26 septembre 1994 - 29 janvier 1996)
Ministre de la Culture et des Communications (30 janvier au 3 août 1995)
Président du comité du Oui dans le cadre du référendum sur la souveraineté (30 octobre 1995)
Démissionne de ses fonctions (29 janvier 1996)
Lorsqu'il devient premier ministre : 64 ans, 1 mois et 17 jours
Lorsqu'il quitte : 65 ans, 5 mois et 19 jours
Il est premier ministre du Québec pendant : 1 an, 4 mois et 2 jours (1994-1996)
Référence : site internet de l'Assemblée nationale du Québec http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/parizeau-jacques-4781/biographie.html
Dans les médias
| «...Son bref passage à la tête du gouvernement du Québec prend fin sur une note amère. Quand la poussière sera retombée, quand on dressera avec soin le bilan au moment de son départ, on reconnaîtra son rôle énorme dans le processus qui vient de permettre au Québec de renouer avec son histoire, de rétablir son rapport de force avec un Canada qui le banalisait. M. Parizeau a redonné vie à un Parti québécois moribond, il a parlé de souveraineté avec clarté, il a changé un désert en voie praticable, avec une détermination admirable. Près de la terre promise, toutefois, il était devenu un frein au progrès du mouvement souverainiste qui avait besoin d'élargir la coalition, d'aller chercher les électeurs là où ils étaient, déçus du Canada mais désireux de conserver de véritables liens avec lui. Les « virages », il les a pris, mais contraint et forcé, mal convaincu. Il a évité le pire en acceptant de laisser Lucien Bouchard prendre la tête des forces du OUI, mais il était dès lors en position de faiblesse pour assurer la suite des choses au Québec. Il vient d'en prendre acte. »
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