
Ce diplômé de droit et en économie milite activement au sein du mouvement étudiant, présidant notamment le Comité de fondation de l'Union générale des étudiants du Québec (1962-63). Un des fondateurs de la Ligue des droits de l'homme au Québec, il joint les rangs du Parti québécois (PQ) par la suite et tente l'aventure politique. Défait en 1970 et 1973, il est finalement élu député de Fabre lors du scrutin du 15 novembre 1976. L'ardeur de ce spécialiste des questions économiques est mise à profit par le premier ministre René Lévesque qui lui confie le ministère d'État au Développement économique, puis le portefeuille du Commerce extérieur. On le retrouve par la suite à la tête du ministère des Relations internationales, en 1984, et de celui des Finances, l'année suivante. Défait, comme son parti, lors des élections de 1985, il se tourne vers l'enseignement avant que le Parti québécois ne reprenne le pouvoir en 1994. Homme fort des cabinets de Jacques Parizeau, puis de Lucien Bouchard, il occupe des fonctions - vice-premier ministre, ministre des Affaires extérieures, ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, ministre des Finances, du Revenu, de l'Industrie et du Commerce - qui lui permettent d'oeuvrer à la modernisation de l'économie québécoise, un objectif qu'il poursuit depuis son entrée en politique. Sa feuille de route en fait rapidement le principal candidat à la succession de Lucien Bouchard qui démissionne en 2001. Aucun adversaire ne s'étant manifesté, il devient premier ministre du Québec en mars 2001. Battu lors des élections générales d'avril 2003, il continue de diriger l'opposition à l'Assemblée nationale. En 2004, la France le fait commandeur de l'Ordre de la légion d'honneur. L'année suivante, le 4 juin 2005, il étonne en démissionnant de son poste à la suite d'un vote de confiance des militants de son parti qu'il juge insatisfaisant.
En référence:
L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p. 1372-1373. Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, p. 321.
En complément:Michel Vastel, Landry : Le grand dérangeant, Montréal, Éditions de l'homme, 2001, 434 p.
Compléments biographiques
Né à Saint-Jacques (Lanaudière), le 9 mars 1937
Candidat du Parti québécois élu à l'Assemblée nationale dans Fabre (1976), Laval-des-Rapides (1981) et Verchères (1994, 1998, 2003)
Défait dans Joliette (1970), Joliette-Montcalm (1973) et Laval-des-Rapides (1985).
Gouvernement de René Lévesque
Membre du Conseil exécutif (26 novembre 1976)
Ministre d'État au Développement économique (2 février 1977 - 9 septembre 1982)
Ministre délégué au Commerce extérieur (9 septembre 1982 - 12 janvier 1983)
Gouvernements de René Lévesque et Pierre Marc Johnson
Ministre du Commerce extérieur (12 janvier 1983 - 16 octobre 1985)
Ministre des Relations internationales (5 mars 1984 - 16 octobre 1985)
Gouvernement de Pierre Marc Johnson
Ministre des Finances (16 octobre au 12 décembre 1985)
Gouvernement de Jacques Parizeau
Vice-premier ministre du Québec (26 septembre 1994 - 2 novembre 1995)
Ministre des Affaires internationales, de l'Immigration et des Communautés culturelles (26 septembre 1994 - 2 novembre 1995)
Ministre des Affaires internationales (3 novembre 1995 - 28 janvier 1996)
Gouvernement de Lucien Bouchard
Vice-premier ministre du Québec (29 janvier 1996 - 8 mars 2001)
Vice-président du Conseil exécutif (29 janvier 1996 - 8 mars 2001)
Ministre d'État à l'Économie et aux Finances (29 janvier 1996 - 8 mars 2001) Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie (29 janvier 1996 - 23 septembre 1998)
Ministre de l'Industrie et du Commerce (15 décembre 1998 - 8 mars 2001)
Ministre des Finances (29 janvier 1996 - 8 mars 2001)
Ministre du Revenu (29 janvier 1996 - 15 décembre 1998, 28 avril au 10 novembre 1999)
Chef du Parti québécois (2 mars 2001 - 6 juin 2005)
Premier ministre du Québec et président du Conseil exécutif (8 mars 2001 - 29 avril 2003)
Chef de l'opposition officielle (29 avril 2003 - 6 juin 2005)
Démissionne de ses fonctions (6 juin 2005)
Lorsqu'il devient premier ministre : 63 ans, 11 mois et 27 jours
Lorsqu'il quitte : 66 ans, 1 mois et 20 jours
Il est premier ministre pendant : 2 ans, 1 mois et 21 jours (2001-2003)
Référence : site internet de l'Assemblée nationale du Québec http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/landry-bernard-3937/biographie.html
Dans les médias
| «...Politicien au style bouillant et au verbe éloquent, orateur et débatteur de grand talent, homme de conviction à la foi souverainiste inébranlable au fil des années, collectionneur de portefeuilles ministériels, Bernard Landry aura consacré toute sa carrière publique au service d'une cause qu'il n'a cessé de défendre depuis 40 ans, et pour le bien-être de laquelle il a choisi samedi de s'éclipser de l'arène politique. Les divers commentaires émis hier et l'onde de choc provoquée par sa démission l'indiquent bien: Bernard Landry laisse une empreinte profonde dans le paysage politique québécois. À la fois impulsif et pragmatique, sensible et autoritaire, colérique (comme on l'aura vu dans le documentaire de Jean-Claude Labrecque, À hauteur d'homme) mais aussi rationnel, Landry avait de la stature, reconnaît-on à gauche comme à droite. Un homme d'État, qui plaçait «la cause avant le parti et le parti avant l'homme». »
|
