Le Front de Libération du Québec et ses actions terroristes

 

Le Front de Libération du Québec et ses actions terroristes

Eric Sarault
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2002-10-20
Images

Un policier tente de désamorcer une bombe du FLQ placée dans une boîte aux lettres à Westmount

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© Historica

Paul Rose, figure associée à l'enlèvement et à l'assassinat du ministre Pierre Laporte lors de la crise d'Octobre, après son arrestation par les autorités policières

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© Police de Montréal

Pierre Laporte, ministre du Travail sous le premier gouvernement de Robert Bourassa

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© Site Internet «Quebec History». Rubrique : Biographies of Prominent Quebec Historical Figures. (Marianopolis College)

Voiture dans laquelle le corps du ministre Pierre Laporte reposait lors de sa découverte

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© Site Internet CanPix Gallery. «Great Canadian Image Base».

Pierre Elliot Trudeau lors de la conférence de presse en réponse aux revendications felquistes

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Reproduction de la première page du manifeste du FLQ

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Le diplomate britannique James Cross lors de sa séquestration

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Au centre Paul-Sauvé, à Montréal, Michel Chartrand s'adresse à la foule lors d'une réunion du Front de rassemblement d'action populaire

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© Historica

Des enfants curieux regardent les militaires qui protègent les immeubles de la police, sur la rue Parthenais à Montréal

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© Historica

Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, lors de la crise d'octobre au Québec

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© nd

Événements

23 février 1963 - Début des actions terroristes au Québec
Une bombe est déposée à une station de radio anglophone par le Front de Libération du Québec (FLQ). Ce mouvement terroriste, qui prône l'indépendance du Québec, utilise la violence afin de sensibiliser la population à sa cause.

La naissance du FLQ bouleverse la scène politique québécoise. Considérant les groupes et partis traditionnels trop timorés, ses membres prônent l'utilisation de moyens radicaux pour réaliser l'indépendance du Québec. En 1962, un groupe nommé le Réseau de Résistance pour la libération nationale du Québec avait tenté de sensibiliser l'opinion publique en vandalisant des symboles britanniques ou du gouvernement fédéral. En 1963, des éléments plus radicaux quittent le groupe pour former le Front de libération du Québec. Le 7 mars, trois manèges militaires sont attaqués au cocktail molotov. Le lendemain, paraît le premier manifeste du FLQ intitulé : «Révolution par le peuple, pour le peuple». C'est le début d'une période extrêmement agitée qui atteindra son paroxysme sept ans plus tard, avec la Crise d'octobre 1970. [détails]

1968 - Publication du livre «Nègres Blancs d'Amérique» de Pierre Vallières
Dans cet ouvrage qui tient à la fois de l'essai et de l'autobiographie, Pierre Vallières aborde le thème de l'asservissement du peuple québécois en décrivant le cheminement qui l'a amené à militer pour le socialisme et l'indépendance politique du Québec.

Pierre Vallières commence à écrire son essai en prison. Il formule l'espoir de transformer radicalement le système capitaliste en système socialiste, ce qui soulève une vive polémique. Dans son ouvrage, Vallières compare la condition des Canadiens français du Québec à celle des Noirs américains (de là le titre). L'argumentation de l'auteur tient à ce que les Canadiens français ont été les serviteurs de l'impérialisme métropolitain français, anglais et américain. Du point de vue de Vallières, l'histoire du Québec est marquée par la volonté des milieux financiers de garder le peuple le plus loin possible de la conduite de sa destinée. Une seule solution existe alors pour transformer la société : le terrorisme révolutionnaire, dont le Front de libération du Québec (FLQ) se réclame. La prise du pouvoir qui en résultera devra mener à la création d'une économie québécoise où propriétaires et producteurs exploiteront collectivement les moyens de production et la circulation des biens de consommation selon une finalité qu'ils choisiront eux-mêmes d'après leurs libertés, leurs droits et leurs besoins. Considéré comme un des ouvrages qui illustre le mieux le Québec bouillonnant des années 60, «Nègres blancs d'Amérique» fera l'objet de plusieurs rééditions. [détails]

26 février 1970 - Arrestation de personnes soupçonnées de participer à un complot d'enlèvement
Jacques Lanctôt et Pierre Marcil sont arrêtés pour possession d'armes à feu puis relâchés sous caution. La police de Montréal soupçonne un complot de leur part pour enlever le consul d'Israël à Montréal, Moïse Golan.

Un mois plus tard, Pierre Marcil est arrêté de nouveau en rapport avec cette affaire. Lanctôt, qui participera quelques mois plus tard à l'enlèvement du diplomate James Richard Cross, s'exilera par la suite à Cuba où il passera plusieurs années dans la clandestinité. [détails]

5 octobre 1970 - Enlèvement du diplomate James Richard Cross
L'enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross par la cellule «Libération» du Front de libération du Québec (FLQ) marque le début de ce que l'on appellera la Crise d'Octobre.

Pour relâcher Cross, le FLQ, un mouvement terroriste actif sous diverses formes depuis 1963, pose six conditions, dont la libération d'un certain nombre de prisonniers politiques, le versement de 500 000 $ et la publication de son manifeste dans les journaux du Québec. La nouvelle de l'enlèvement cause un émoi dans la population. Trois jours plus tard, le 8 octobre, une des conditions posées par les terroristes est acceptée par les autorités alors que le manifeste du FLQ est lu sur les ondes de Radio-Canada. Dans ce document, on retrouve plusieurs attaques contre les gouvernements et une invitation à l'action à la majorité francophone : «Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n'attendez pas d'organisation-miracle.» Quelques jours plus tard, le FLQ frappera à nouveau en enlevant le ministre de l'Immigration et du Travail, Pierre Laporte. [détails]

10 octobre 1970 - Enlèvement du ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'oeuvre, Pierre Laporte
Le Front de libération du Québec (FLQ) enlève le ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'oeuvre, Pierre Laporte , à sa résidence de Saint-Lambert. Le rapt survient vingt minutes après une conférence de presse pendant laquelle le ministre de la Justice, Jérôme Choquette , annonce qu'il refuse les conditions des ravisseurs du diplomate James Richard Cross, kidnappé cinq jours plus tôt.

L'enlèvement de Pierre Laporte est revendiqué par la cellule «Chénier» du FLQ, alors que celui de Cross avait été l'oeuvre des membres de la cellule «Libération». Le lendemain, les terroristes font parvenir au premier ministre du Québec, Robert Bourassa , une lettre écrite par Laporte. Le corps du ministre sera retrouvé sept jours plus tard, le 17 octobre, dans le coffre d'une voiture abandonnée près de l'aéroport de Saint-Hubert. [détails]

14 octobre 1970 - Déclaration d'un groupe de citoyens favorables à une négociation avec le Front de libération du Québec
Une dizaine de citoyens influents tiennent une conférence de presse pour demander au gouvernement libéral de Robert Bourassa de négocier avec le Front de libération du Québec (FLQ) afin d'obtenir la libération du diplomate James Richard Cross et du ministre Pierre Laporte.

Parmi les membres les plus connus du groupe, soulignons les noms de Claude Ryan (directeur du journal «Le Devoir»), René Lévesque (chef du Parti québécois), Camille Laurin, Jacques Parizeau, Louis Laberge (Fédération des travailleurs du Québec), Marcel Pepin (Confédération des syndicats nationaux), Yvon Charbonneau (Corporation des enseignants du Québec), Jean-Marc Kérouac, Matthias Rioux, Fernand Daoust et Alfred Rouleau (La Sauvegarde et Assurance-vie Desjardins). Le groupe, qui redoute que la rigidité du gouvernement fédéral n'entraîne une détérioration de la situation, presse le gouvernement du Québec de trouver une solution à l'impasse avec le FLQ. Perçue par certains politiciens comme une tentative maladroite pour former un gouvernement de remplacement en cas de crise, cette initiative suscitera une certaine controverse. [détails]

16 octobre 1970 - Application de la Loi des mesures de guerre par la Chambre des communes
À la suite de l'enlèvement du diplomate James Richard Cross et de celui du ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'oeuvre, Pierre Laporte , par le Front de libération du Québec (FLQ), le gouvernement fédéral décrète la Loi des mesures de guerre.

La veille, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa , avait demandé l'intervention de l'armée canadienne pour protéger la population et assurer la sécurité des édifices publics. Quelques heures après la proclamation de la Loi des mesures de guerre par le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau , des centaines de militaires se déploient sur le territoire québécois. Au cours des jours qui suivront leur intervention, ils procéderont à plusieurs centaines d'arrestations. «Just watch me» a répondu Pierre Elliott Trudeau à un journaliste qui lui avait demandé ce qu'il entendait faire. Le 13 septembre, au sortir du parlement, il déclarait : «Allez-y, pleurnichez! Mais il est plus important de maintenir l'ordre et la loi dans la société que de s'apitoyer sur ceux dont les genoux flageolent à la seule vue de l'armée [...] La société doit prendre tous les moyens dont elle dispose pour se défendre contre l'émergence d'un pouvoir parallèle qui défie le pouvoir des élus du peuple, et je pense que cette obligation ne connaît pas de limites. Seules les poules mouillées auraient peur d'aller jusqu'au bout.» La Loi des mesures de guerre, qui est appliquée pour contrer ce que l'on considère comme une «insurrection appréhendée», suspend les libertés civiles. [détails]

17 octobre 1970 - Découverte du corps du ministre Pierre Laporte
Le corps du ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'oeuvre, Pierre Laporte , est retrouvé dans le coffre d'une voiture abandonnée près de l'aéroport de Saint-Hubert.

L'annonce de l'assassinat de Pierre Laporte marque le paroxysme de la Crise d'Octobre. Dans les jours qui suivent, des mandats d'arrêt sont émis contre les membres du Front de libération du Québec (FLQ) (Paul Rose, Jacques Rose, Francis Simard, Bernard Lortie) soupçonnés d'avoir participé à son enlèvement. Leur arrestation surviendra quelques mois plus tard. [détails]

18 octobre 1970 - Condamnation du Front de libération du Québec par René Lévesque
Le chef du Parti québécois (PQ) condamne catégoriquement le Front de libération du Québec (FLQ) pour la mort de Pierre Laporte . Il le fait devant le Conseil national du parti. Louise Harel estimera plus tard qu'en agissant ainsi : «il sauvera le Parti québécois d'une certaine façon».

La déclaration de René Lévesque sera reproduite dans sa chronique du «Journal de Montréal» le lendemain : «Ceux qui, froidement et délibérement, ont exécuté M. Laporte, après l'avoir vu vivre et espérer pendant tant de jours, sont des êtres inhumains. Ils ont importé ici, dans une société qui ne le justifie absolument pas, un fanatisme glacial et des méthodes de chantage à l'assassinat qui sont celles d'une jungle sans issue.[...] S'ils ont vraiment cru avoir une cause, ils l'ont tué en même temps que Pierre Laporte , et en se déshonorant ainsi, ils nous ont tous plus ou moins éclaboussés.» " Un assassinat demeure toujours un assassinat. Quels que soient les motifs qui font qu'un assassinat est commis, quelles que soient les personnes qui le commettent, un assassinat demeure un assassinat. Pierre Laporte a été assassiné. Nous condamnons avec véhémence cet acte barbare. "Une vie demeure encore en suspens: celle de monsieur J.R. Cross. Peut-être peut-elle encore être sauvée. Nous supplions le gouvernement québécois de se décider enfin à négocier véritablement pour faire en sorte que cette vie soit sauvée. Par ailleurs, Marcel Pepin, Louis Laberge, Yvon Charbonneau, René Lévesque et Claude Ryan font cette déclaration devant les journalistes dans laquelle ils souhaitent voir le Gouvernement du Québec négocier avec les terroristes.: "Des valeurs fondamentales sont aujourd'hui en cause. Peut-être ne sont-elles pas spontanément perçues. Mais il est des valeurs qui doivent être préservées malgré les circonstances tragiques auxquelles nous avons à faire face. Nous avons cru de notre devoir de défendre ces valeurs fondamentales. "Si cet appel peut avoir un effet, nous le faisons. Vous qui avez kidnappé J.R. Cross, nous espérons que vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas continuer dans cette même ligne et que vous devez le relâcher pour le bien de tous les Québécois." [détails]

29 octobre 1970 - Annonce d'un remaniement ministériel par le premier ministre Robert Bourassa
Jean Cournoyer, candidat défait de l'Union nationale lors de l'élection générale d'avril 1970, et le libéral Roy Fournier, sont nommés au cabinet par le premier ministre Robert Bourassa. Soulignons que le Parti libéral n'est au pouvoir que depuis quelques mois.

Cournoyer sera élu sous la banière du Parti libéral quelques mois plus tard dans la circonscription de Chambly. Il succédera à Pierre Laporte, assassiné lors de la Crise d'Octobre, et occupera le poste de ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre. [détails]

7 novembre 1970 - Ouverture officielle du pont Pierre-Laporte
Il s'agit d'un deuxième pont surplombant le fleuve Saint-Laurent à proximité de Québec. Cette imposante structure suspendue de plus de 1 000 mètres, la première du genre au Canada, relie les villes de Saint-Nicolas et Sainte-Foy.

Originalement, ce pont devait porter le nom de Frontenac, un ancien gouverneur de la Nouvelle-France. Mais les événements d'Octobre 1970 ont incité les autorités politiques à le baptiser pont Pierre-Laporte, en mémoire de l'ex-ministre du Travail et de l'Immigration décédé à la suite de son enlèvement par une cellule du Front de libération du Québec (FLQ). Le pont Pierre-Laporte, qui compte six voies, a été érigé tout près du «vieux» pont de Québec dont la construction remonte à 1917. [détails]

3 décembre 1970 - Libération du diplomate James Richard Cross
Presque deux mois après son enlèvement, le diplomate James Richard Cross est relâché par la cellule «Libération» du Front de libération du Québec (FLQ). En retour, les ravisseurs et quelques membres de leurs familles obtiennent un sauf-conduit pour Cuba.

Découvert par un agent de la Gendarmerie royale du Canada, l'endroit où Cross est séquestré, dans le nord de Montréal, est ceinturé par l'armée le 3 décembre, à 8 heures 30 du matin. Débutent alors des négociations entre les felquistes et le gouvernement du Canada qui aboutissent grâce à un compromis : la libération de Cross contre un sauf-conduit pour Cuba pour les ravisseurs et quelques membres de leurs familles. Il s'agit de Jacques Lanctôt, sa femme et ses enfants, Jacques Cossette-Trudel et son épouse, ainsi que Pierre Séguin et Marc Carbonneau. À 19 heures 30, l'avion et l'équipage mis au service des terroristes prend son envol pour Cuba. [détails]

28 décembre 1970 - Arrestation de Paul Rose, Jacques Rose et Françis Simard
L'arrestation des membres de la cellule «Chénier» du Front de libération du Québec (FLQ) sera suivie, le 6 janvier 1971, par leur accusation pour l'enlèvement et l'assassinat de Pierre Laporte .

Jacques Rose, Paul Rose et Francis Simard sont arrêtés dans une petite maison de campagne à Saint-Luc. Le 13 mars, Paul Rose sera condamné à la prison à vie. Deux mois plus tard, le 20 mai, Francis Simard recevra une peine similaire. [détails]

4 janvier 1971 - Retrait des troupes militaires du Québec
Le retrait des militaires suit de quelques jours l'arrestation de Paul Rose, Jacques Rose et Francis Lortie, le 28 décembre 1970. Les trois hommes seront accusés d'avoir enlevé et assassiné le ministre québécois de l'Immigration et du Travail, Pierre Laporte .

Ces arrestations incitent les autorités fédérales à mettre fin à l'action des militaires au Québec. Ceux-ci étaient en poste à cet endroit depuis le 16 octobre 1970. [détails]

6 janvier 1971 - Accusations d'enlèvement contre Paul Rose, Jacques Rose, Francis Simard et Bernard Lortie
Les frères Paul et Jacques Rose, ainsi que Francis Simard et Bernard Lortie sont accusés formellement de l'enlèvement et de l'assassinat du ministre du Travail et de la Main-d'oeuvre, Pierre Laporte .

Les causes des membres du Front de libération du Québec (FLQ) donneront lieu à des affrontements spectaculaires devant les tribunaux. Paul Rose et Francis Simard seront frappés d'une peine de prison à perpétuité pour meurtre. Ils seront libérés en 1981. Jacques Rose écopera pour sa part d'une peine de huit ans pour complicité. Il sera libéré en 1978. [détails]

13 mars 1971 - Critique de l'usage des forces policières durant la Crise d'Octobre
Dans une lettre adressée au ministre de la Justice du Québec, Jérôme Choquette , le protecteur du citoyen, Louis Marceau, critique sévèrement la conduite des forces policières pendant la Crise d'Octobre 1970.

L'ombudsman, qui condamne l'attitude des policiers durant la crise, se dit «incapable d'admettre que la première liste de suspects qui fut à la base de l'opération ait été préparée à partir de critères aussi imprécis; que les directives précédant l'opération aient été aussi laconiques et appliquées de façons différentes d'un endroit à l'autre; qu'on ait pu procéder aux visites des lieux et aux perquisitions avec aussi peu de modération et de souci de la propriété; que les interrogatoires aient été conduits aussi lentement et sans plus de planification, forçant des gens arrêtés pour simple défaut d'identification à attendre plusieurs jours avant de pouvoir se justifier, que la coordination entre forces policières n'ait pas été mieux assurée; qu'on ait pu saisir autant d'objets et de documents inutiles dont la quasi-totalité plus de deux mois après étaient encore retenus.» Pour cette raison, l'ombudsman propose au gouvernement québécois d'indemniser les victimes de ces gestes. Cette décision concerne tout individu arrêté et detenu sans motif raisonnable ou ayant fait des déclarations pour dommage matériel lors des perquisitions. Ainsi, 25 personnes sur 72 plaintes recevront une indemnité de 7 000 $. [détails]

2 août 1971 - Refus du premier ministre du Québec d'assumer les coûts de l'intervention de l'armée en octobre 1970
Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa , adresse une lettre à son homologue fédéral, Pierre Elliott Trudeau . Il y exprime l'intention de son gouvernement de ne pas défrayer les coûts de l'intervention militaire survenue sur son territoire pendant les événements d'octobre 1970.

Les militaires sont demeurés en sol québécois tout au long de cette période de crise, soit du milieu d'octobre 1970 jusqu'au début de janvier 1971, c'est-à-dire quelques jours après l'arrestation des principaux membres de la cellule «Chénier». [détails]

3 septembre 1971 - Explosion chez Bell Canada
Une bombe endommage gravement la centrale de communication de Bell Canada, à Dorion. Elle ne fait aucun blessé mais cause des dégâts évalués à 300 000 $.

Avant l'explosion, un inconnu avait appelé les responsables de la compagnie pour les aviser de l'existence de la bombe. Devant l'absence d'explications, certains s'interrogent sur les motifs de ce geste qui survient un an après la Crise d'octobre. D'autant plus que, deux jours plus tard, le 5 septembre, une autre bombe explosera à l'école élémentaire anglophone Sainte-Rita-d'Ahuntsic. Elle endommagera un bureau et des fenêtres, mais sans plus. [détails]

16 octobre 1971 - Tenue d'un rassemblement commémorant les événements d'Octobre 1970
Trois mille personnes soulignent le premier anniversaire du recours à la Loi des mesures de guerre par le gouvernement fédéral dans le cadre des événements d'octobre 1970. Organisée par le Front commun pour la défense de la langue française, le Conseil central de Montréal et le Mouvement pour la défense des prisonniers politiques du Québec (MDPPQ), la manifestation se solde par cinq arrestations.

Le Devoir titre «Dans l'ensemble, la manifestation fut pacifique». Pourtant, la devanture de l'édifice d'Hydro-Québec est fracassée, des barricades mises à feu et des projectiles de toutes sortes sont lancés aux policiers qui chargent les manifestants. L'action se déroule successivement au parc Lafontaine, devant le palais de justice de Montréal, devant l'édifice d'Hydro-Québec et face à l'immeuble du journal «La Presse». [détails]

1973 - Première du documentaire «Action : The October Crisis of 1970»
Ce documentaire en couleur est réalisé par Robin Spry et produit par Normand Cloutier et Tom Daly.

Premier film de Robin Spry sur la Crise d'Octobre, «Action : The October Crisis of 1970» vaudra un Canadian Film Award a son réalisateur. Ce film, ainsi que «Reaction : a Portrait of a Society in Crisis», ont été réalisé après que l'Office national du film (ONF) ait refusé qu'un francophone les tourne. [détails]

26 septembre 1974 - Première du film «Les Ordres», de Michel Brault
Présenté en première mondiale à Montréal, le film «Les Ordres» pose un regard critique sur les événements d'octobre 1970. Réalisé par Michel Brault, ce long-métrage de fiction en couleur et en noir et blanc est produit par Bernard Lalonde et Gui L. Caron.

Pour interpréter «Les Ordres», le réalisateur Michel Brault rassemble une brillante distribution (Jean Lapointe, Guy Provost, Hélène Loiselle, Claude Gauthier, Louise Forestier , etc.). Avec ce film, Brault deviendra le premier récipiendaire du prix de la critique québécoise en matière de cinéma. «Les Ordres» sera également primé à Cannes, le 23 mai 1975. [détails]

1994 - Première du film «Octobre»
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Pierre Falardeau et produit par Bernadette Payeur, Marc Daigle et Yves Rivard. Parmi les interprètes, on retrouve Hugo Dubé, Luc Picard et Pierre Rivard.

En plein coeur de la crise d'Octobre de 70, quatre felquistes, membres de la cellule Chénier, enlèvent le ministre du Travail et de l'Immigration Pierre Laporte afin de forcer le gouvernement à négocier la libération des prisonniers politiques du Front de libération du Québec (FLQ). Pendant une semaine, heure après heure, jour après jour, les quatres hommes de la maison de la rue Armstrong et leur prisonnier sont soumis à une tension écrasante que le réalisateur Falardeau réussit à faire partager au public. Le film remportera le prix L.-E. Ouimet-Molson. [détails]

Commentaire

Le F.L.Q. était un parti politique avec une idéologie nationaliste extrêmiste avec l'usage d'une violence radicale.

Face à ce groupe politique, j'aborde le thème suivant : "Quelles sont les actions terroristes utilisées par le F.L.Q., dans les années 1960-1970, dans la province de Québec."

Nous observerons les actions terroristes utilisées par le Front de Libération du Québec ainsi que leurs causes et conséquences au Québec. De plus, nous survolerons les personalitées importantes de cette période lugubre dans l'histoire du Québec, ainsi que les deux "cellules" terroristes du F.L.Q.

Ses moyens de revendications de l'indépendence n'étaient pas démocratique et plusieurs de ses membres en comprendront la faiblesse. C'est avec "La Crise d'Octobre" de 1970 que les felquistes subiront un démantèlement et qu'ils perdront de l'importance avec l'exil de certains membres et d'autres qui seront emprisonnés.

 

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