La télévision québécoise : Du monopole « radio-canadien » à la diversité oligopolistique

 

La télévision québécoise : Du monopole « radio-canadien » à la diversité oligopolistique

Marc-Antoine Fauteux
Ce document a été généré dynamiquement par le Bilan du siècle.
Université de Sherbrooke - 2004-06-25
Images

Un des premiers modèles de télévision

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Une scène du téléroman La famille Plouffe avec Jean Duceppe, Paul Guèvremont et Amanda Alarie

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René Lévesque, alors qu'il animait l'émission de télévision «Point de mire»

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© Radio Canada

Couverture du TV Hebdo, lors du début en ondes du Canal 10

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Une scène du téléroman «Sous le signe du lion»

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L'équipe de l'émission «Tous pour un» animée par Raymond Charrette (à droite), présentée à la télévision de Radio-Canada

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© Antoine Desilets

Deux garçons regardent une télévision en couleurs

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© Antoine Desilets

Scène de l'émission «Fanfreluche» de Kim Yaroshevskaya présentée à la télévision de Radio-Canada

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© André Le Coz

Émission de télévision animée par Charles-Henri Dubé à Télé 7, Sherbrooke

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© Office du film du Québec

Lancement de l'émission «Passe-Partout» avec Jacques-Yvan Morin, ministre de l'Éducation

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© Office du film du Québec

La comédienne Marie Tifo dans la pièce «Le couple - la révolte - la nuit et le moment», présentée au TNM

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© Théâtre du Nouveau Monde (TNM)

Yvon Deschamps

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Dominique Michel, comédienne québécoise

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Bernard Derome

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Denise Filiatrault

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Événements

1949 - Autorisation d'emprunt à Radio-Canada
Le gouvernement fédéral autorise Radio-Canada à emprunter 4 500 000 $ pour établir un service de télévision à Montréal et à Toronto. [détails]

25 juillet 1952 - Présentation d'une partie de baseball à la télévision canadienne
Les caméras de Radio-Canada captent la première émission en direct à la télévision canadienne, la deuxième partie du programme double de baseball opposant les Royaux de Montréal aux Cubs de Springfield.

La télévision américaine a déjà procédé à la présentation de rencontres sportives en direct, notamment la Série mondiale de 1951. Au Québec, la chaîne CBFT commence à diffuser sa programmation régulière à partir de septembre 1952. Quelques semaines auparavant, le 25 juillet, ceux qui ont la chance de posséder un appareil assistent à une émission expérimentale : la retransmission en direct de la deuxième partie d'un programme double de baseball opposant les Royaux de Montréal aux Cubs de Springfield. Pour l'occasion, trois caméras sont juchées sur le toit du stade De Lorimier. Après cette rencontre, la retransmission de compétitions sportives prendra rapidement sa place dans la grille horaire de CBFT. Le 27 août, les débuts des Alouettes et du quart Sam Etcheverry feront l'objet d'un reportage. Le 11 octobre, les deux dernières périodes de la joute du Canadien seront également présentées en direct. [détails]

10 août 1952 - Début des émissions jeunesse à Radio-Canada
La télévision de Radio-Canada propose à ses jeunes auditeurs une série d'émissions qui marqueront l'enfance de plusieurs générations de Québécois. Une d'entre elles, «Pépinot et Capucine» prend l'antenne au mois d'août 1952.

En plus de «Pépinot et Capucine», de 1952 à 1958, Radio-Canada présentera également à ses jeunes téléspectateurs des émissions comme «La Boîte à surprise», de 1956 à 1968, et «Bobino», de 1957 à 1985. La popularité de ces émissions qui ont diverti des milliers d'enfants, sera une des marques de commerce de Radio-Canada pendant de nombreuses années. [détails]

6 septembre 1952 - Inauguration du premier poste de télévision à Montréal
Il s'agit du poste CBFT qui, à ses débuts, présente à ses auditeurs une programmation bilingue. Cette situation persistera jusqu'en janvier 1954, date de l'ouverture de CBMT dont la programmation sera entièrement anglaise.

L'annonce du lancement des premières émissions de télévision se fait en mars 1952 en direct du Palais du Commerce, rue Berri, à Montréal. Lors de l'inauguration officielle des studios de Radio-Canada, rue Dorchester, en septembre suivant, le premier reportage officiel est animé par Henri Bergeron Déjà dans le tout Montréal, il existe 7 500 postes télévisés dans les foyers Montréalais. CBFT a télévisé durant plus d'un mois des émissions expérimentales. À partir de septembre, CBFT sera en ondes pendant au moins trois heures par jour. Pour son inauguration, elle présente de 8h30 à 8h55 «Les coulisses de la TV» puis, en fin de soirée, de 10h30 à 11h15, «Oedipe-Roi». . [détails]

11 octobre 1952 - Retransmission télévisée d'une rencontre du Canadien de Montréal
Grâce à la télévision de Radio-Canada, les amateurs de hockey peuvent assister pour la première fois en direct, dans leur salon, à une partie des deux dernières périodes d'une rencontre du Canadien de Montréal présentée au Forum.

C'est à partir de 21 heures, juste après l'émission «Le nez de Cléopâtre», qu'est télédiffusé le premier reportage de hockey à CBFT. La rencontre oppose le Canadien de Montréal et les Red Wings de Détroit. Lors de ce samedi soir mémorable, l'équipe de reportage est constituée de Michel Normandin, du journaliste Phil Séguin et de René Lecavalier . Les téléspectateurs assistent à une partie fort contestée qui se solde par la victoire du Tricolore, 2-1. Ceux-ci sont cependant peu nombreux si l'on tient compte du nombre d'appareils en circulation à cette époque au Québec. Le lendemain, Radio-Canada présentera à partir de 14 heures la partie de football opposant les Alouettes de Montréal aux Rough Riders d'Ottawa. [détails]

4 novembre 1953 - Première présentation du téléroman «La famille Plouffe»
La série télévisée «La famille Plouffe», inspirée par le roman «Les Plouffe» de Roger Lemelin , prend la relève de l'adaptation radiophonique en paraissant pour la première fois au petit écran le soir du 4 novembre 1953. Cette série raconte la vie quotidienne d'une famile ouvrière de la basse-ville de Québec.

De 1953 à 1957, Radio-Canada présente 194 épisodes de «La famille Plouffe», faisant de ses comédiens, avec les hockeyeurs et les lutteurs, les premières vedettes québécoises du petit écran. Le public se reconnaît dans les joies et les peines, les réussites et les échecs de cette famille ouvrière, suscitant un engouement énorme pour cette émission à laquelle Lemelin donne une suite en écrivant deux autres séries : «En haut de la pente douce» et «Le petit monde du père Gédéon». Devant la popularité de «La famille Plouffe», Radio-Canada lance sur le marché des casse-tête. Une version anglaise, «The Plouffe Family», est également présentée. Parmi les principaux interprètes de cette série on retrouve : Paul Guèvremont (Théophile Plouffe), Amanda Alarie (Joséphine Plouffe), Pierre Valcour (Guillaume Plouffe), Jean-Louis Roux (Ovide Plouffe), Émile Genest (Napoléon Plouffe), Denise Pelletier (Cécile Plouffe), [détails]

1954 - Présentation du «Téléjournal» à Radio-Canada
Véritable tournant en information télévisuelle, la mise sur pied du «Téléjournal» remplace la formule des reportages et documentaires spéciaux présentés quotidiennement à l'émission «L'Actualité».

Par ce changement radical dans la conception et l'organisation de l'information, Radio-Canada innove en matière de bulletins de nouvelles : les événements seront désormais suivis de près sur une base quotidienne. Le «Téléjournal» figurera encore à la programmation de Radio-Canada à la fin du XXe siècle. [détails]

1955 - Ouverture du poste de télévision CKRS à Jonquière
La station de télévision jonquiéroise CKRS, la première de la région, est affiliée à Radio-Canada.

Huit ans plus tard, Chicoutimi emboîtera le pas avec la création de CJPM. Ces stations demeureront les deux seules à desservir la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu'à la fin des années 70. [détails]

2 décembre 1955 - Création de la Commission royale d'enquête fédérale sur la radio et la télévision
Le gouvernement libéral de Louis Saint-Laurent nomme Robert Fowler président de cette Commission chargée d'étudier les problèmes de financement du réseau canadien de radiodiffusion et télévision et le rôle des radiodiffuseurs publics et privés.

Une des recommandations du rapport de la Commission Fowler, qui paraît le 15 mars 1957, influencera l'adoption de la Loi sur la radiodiffusion de 1958. [détails]

Août 1956 - Ouverture de la station de télévision CHLT dans les Cantons de l'Est
Affilié à Radio-Canada grâce à sa puissante antenne installée sur le mont Orford, le poste de télévision CHLT débute sa programmation. Cette nouvelle soulage les élites régionales, inquiètes de l'influence de la culture américaine sur la population des Cantons de l'Est.

En plus de présenter les émissions du poste montréalais CBFT, CHLT accorde une place importance aux émissions locales avec des animateurs tels que Ti-Blanc Richard (variétés musicales), Ernie Lindell (musique), Éliane Fortier (art culinaire) et le populaire Louis Bilodeau (folklore). [détails]

8 octobre 1956 - Première présentation du téléroman «Les belles histoires des pays d'en haut»
Après vingt-quatre années sur les ondes radiophoniques de Radio-Canada, les personnages du radioroman «Un homme et son péché» revivent à la télévision dans la série «Les belles histoires des pays d'en haut».

Nées de la plume de Claude-Henri Grignon, «Les belles histoires des pays d'en haut» racontent l'histoire de Séraphin Poudrier. Maire d'un village des Laurentides et agent de colonisation, celui-ci est un des personnages les plus influents de la région, ce qui suscite à son endroit des attitudes variées allant de la haine à la soumission. Entre 1956 et 1970, Radio-Canada présentera plusieurs centaines d'épisodes de cette série qui a donné vie à des personnages Séraphin Poudrier, Donalda Laloge, Alexis Labranche) qui marqueront la petite histoire de la télévision québécoise. Réalisées par Bruno Paradis, Fernand Quirion et Yvon Trudel, «Les belles histoires des pays d'en haut» mettent notamment en vedette Jean-Pierre Masson (dans le rôle de Séraphin), Andrée Champagne et Guy Provost. [détails]

28 octobre 1956 - Première présentation de l'émission télévisée «Point de mire»
Radio-Canada présente la première de «Point de mire», une émission consacrée aux actualités nationale et internationale qui est réalisée par Claude Sylvestre et animée par le journaliste René Lévesque.

Déjà connu du public, notamment grâce à l'émission «Carrefour», Lévesque possède une expérience journalistique qui remonte à la Deuxième Guerre mondiale alors qu'il agissait comme correspondant. En octobre 1956, il anime pour la première fois «Point de mire», une émission qui, à ses débuts, est présentée le dimanche soir à 23 heures 15. Malgré cette heure peu clémente, qui changera au fil des ans, Lévesque, avec sa cigarette, son tableau noir et ses cartes géographiques, s'impose rapidement comme une des figures les mieux connues de la télévision québécoise. «Point de mire» ne figurera jamais parmi les émissions les plus regardées de Radio-Canada. Mais elle obtient un beau succès critique en plus d'éveiller les téléspectateurs québécois aux grands débats de l'heure, tant sur la scène nationale qu'internationale. La première est d'ailleurs consacrée à la question du canal de Suez. Avant son retrait de l'antenne, en 1959, «Point de mire» s'intéressera à une quantité d'autres sujets allant des élections fédérales et provinciales à la guerre d'Algérie, en passant par la course aux armements. L'émission permet également de mettre en évidence les talents de vulgarisateur de Lévesque, qualité qui lui sera particulièrement utile en 1960 alors qu'il fera le saut en politique avec le Parti libéral du Québec (PLQ) dirigé par Jean Lesage. [détails]

1 juillet 1958 - Inauguration du réseau micro-ondes transcanadien
Avec ses 139 relais, ce réseau de 3 900 milles est le plus grand du genre au monde. Il permet de retransmettre des émissions d'un océan à l'autre.

Radio-Canada inaugure ce réseau le jour de la Confédération en présentant une émission intitulée «Si Champlain vivait». Animée par René Lévesque (en français) et Joyce Davidson (en anglais), cette émission s'attarde sur les gens et les régions dans le but de mettre en évidence la diversité du Canada. [détails]

29 décembre 1958 - Déclenchement de la grève des réalisateurs de Radio-Canada
La grève de Radio-Canada pose un problème nouveau à l'époque, celui de la syndicalisation des cadres. En décembre 1958, environ 75 réalisateurs du réseau français déclenchent un arrêt de travail pour obtenir le droit de se syndiquer avec la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC). Ils sont appuyés par 2 000 employés qui déclenchent une grève de solidarité. Le journaliste René Lévesque , animateur à l'émission «Point de mire», devient bientôt une des figures de proue du mouvement. La grève se terminera le 8 mars 1959 lorsque Radio-Canada acceptera de reconnaître le syndicat des réalisateurs.

En décembre 1958, les réalisateurs du réseau français de Radio-Canada déclenchent une grève pour que leur syndicat soit reconnu. Le conflit est particulièrement tendu. Les réalisateurs, qui sont en majorité des francophones, ont l'impression de se buter à l'incompréhension de leurs patrons ainsi qu'à celle de leurs confrères anglophones. Les réalisateurs reçoivent l'appui des 2 000 autres employés qui refusent de franchir les lignes de piquetage en signe d'appui. Pour sa part, le gouvernement fédéral ne veut pas s'impliquer dans le conflit alléguant que Radio-Canada, une société de la couronne, possède les pleins pouvoirs pour définir sa politique. Le 17 janvier 1959, 1 500 personnes se rendent à Ottawa pour protester auprès de la ministre du Travail, Michele Starr. Loin d'apaiser les tensions, la rencontre renforce un sentiment négatif qu'un des grévistes, René Lévesque, résume en ces mots : «Starr ne comprenait même pas de quoi on parlait. Ça ne les avait pas tellement bouleversés à Ottawa. C'était juste le réseau français de Radio-Canada qui était fermé.» La grève se complique également parce que les employés sont regroupés dans des syndicats différents. Au coeur du conflit, le secrétaire général de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), Jean Marchand , et René Lévesque , furent arrêtés par la police sur les lignes de piquetage. Cette grève fut également marquée par l'implication de nombreux artistes comme Jean Duceppe , Jean-Louis Millette et Gilles Latulippe. Son règlement, après 68 jours, mènera à la reconnaissance du syndicat des réalisateurs. À long terme, cette victoire sera néanmoins éclipsée par le rôle que plusieurs observateurs accordent à ce conflit, celui d'avoir contribué à l'éveil d'un nationalisme canadien-français qui s'exprimera de plus en plus avec la Révolution tranquille et le bouillonnement des années 60. [détails]

1960 - Début de l'émission «Soirée canadienne» au poste CHLT de Sherbrooke
Animée par le folkloriste Louis Bilodeau, «Soirée canadienne» fait revivre les soirées d'antan. Au cours de cette émission, les chansons alternent avec les gigues et les rigaudons.

«Soirée canadienne» est diffusée sur une base hebdomadaire à travers tout le Québec et est regardée par plusieurs milliers de téléspectateurs. Chaque émission présente des invités d'une région différente du Québec et fait découvrir aux téléspectateurs les particularités culturelles de cette région. «Soirée canadienne» sera même diffusée aux États-Unis par un poste américain, devenant la première émission francophone, produite au Québec, à être diffusée au sud de la frontière. [détails]

19 février 1961 - Inauguration du poste de télévision Télé-Métropole
Un an après avoir obtenu son permis (22 mars 1960), la station de télévision Télé-Métropole (CFTM-TV) commence ses opérations. La soirée inaugurale est marquée par une grande émission de gala intitulée «Du Neuf au Dix!»

Assistent à l'inauguration du 19 février 1961 l'archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger, le maire de la ville, Jean Drapeau, et le premier ministre du Québec, Jean Lesage, qui déclare que le télévision a «une puissance énorme donc une responsabilité énorme (...) nous avons confiance que Télé-Métropole servira les intérêts du Canada français. » Parmi les émissions diffusées lors de cette première journée à l'antenne, soulignons «Poivre et Sel», à 16 heures 30, et «Je me souviens», à 19 heures 30. Le canal 10 devient dès sa fondation la plus grande station de télévision francophone privée à opérer au Québec. Elle constituera pendant plusieurs années la seule alternative française d'envergure à la Socité d'État de Radio-Canada qui a débuté ses émissions près d'une décennie avant. À ses débuts, Télé-Métropole diffuse dans un rayon d'environ 100 kilomètres autour de Montréal. [détails]

11 novembre 1962 - Tenue d'un débat télévisé entre Jean Lesage et Daniel Johnson
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage , et le chef de l'Union nationale, Daniel Johnson, participent à un débat télévisé qui survient quelques jours avant l'élection provinciale générale prévue pour le 14 novembre 1962.

Raymond Charette anime cette première télévisée à laquelle prennent également part les journalistes Paul Sauriol (Le Devoir), Gérard Pelletier (La Presse), Bill Bantey (The Gazette), Jean V. Dufresne (MacLean), Lucien Langlois et Clément Brown (Montréal-Matin). Les quatre grands thèmes abordés au cours de ce débat d'une heure et 45 minutes sont la nationalisation de l'électricité, le gaz naturel et le Trans-Canada Pipeline, le programme des partis ainsi que la performance de l'administration libérale depuis 1960. Dans ses remarques finales, Lesage fait un appel aux électeurs : «Vous avez le choix entre la liberté et le retour aux chaînes d'une machine infernale qui est disparue et qu'il ne faut pas faire renaître, et aussi entre la liberté et les matraques de la vieille police provinciale, l'ancienne.» Daniel Johnson met pour sa part l'accent sur le renouveau qui caractérise sa formation : «L'Union nationale rajeunie, l'Union nationale aguerrie, l'Union nationale avec une équipe de gens d'expérience d'une part et d'autre part tout un groupe de candidats de valeur exceptionnelle et très jeunes.» Les opinions divergent sur celui qui a le mieux fait au cours des échanges, quoique les observateurs donnent en général un léger avantage à Jean Lesage qui semblait un peu plus à l'aise que Daniel Johnson. [détails]

31 janvier 1963 - Inauguration des émissions de radio et de télévision scolaires
Le ministre québécois de la Jeunesse, Paul Gérin-Lajoie , inaugure officiellement les émissions de radio et de télévision scolaires.

Ce projet prévoit cinq séries d'émissions hebdomadaires de quinze minutes chacune portant sur la physique, les langues parlées et la musique. Pour, le ministre : «Cette initiative qui est due à la collaboration de son ministère, du Département de l'instruction publique et de Radio-Canada revêt d'une valeur symbolique. Elle manifeste la présence, chez ceux qui sont responsables de l'éducation dans cette province, d'un désir très vif et très profond de faire progresser le système d'enseignement québécois et d'utiliser tous les moyens succeptibles d'assurer ce progrès.» En ce sens, cette initiative ne vise pas à remplacer le maître mais à lui offrir des instruments pédagogiques. [détails]

25 mai 1964 - Annonce de la tenue d'une enquête fédérale sur la radio et la télévision
Le Secrétaire d'État du gouvernement fédéral, Maurice Lamontagne, annonce qu'une commission de trois membres enquêtera sur la situation de la radio et de la télévision au Canada.

Cette commission est composée de Robert Fowler, président de l'Association canadienne de la pulpe, Marc Lalonde, avocat, et Ernest Steele, ancien sous-ministre adjoint des finances et actuel sous-sécrétaie d'État. Ces commissaires étudieront : «la division des pouvoirs entre le bureau des gouverneurs de la radiodiffusion et le bureau de la société Radio-Canada. L'organisation, le financement et les projets de consolidation de la société Radio-Canada. Les relations entre le gouvernement et la société Radio-Canada. Finalement, l'expansion des services de radio-télévision.» Le mandat de cette commission est le suivant : «à la lumière des conditions actuelles et futures étudier l'objet et les dispositions de la Loi sur la radiodiffusion et des lois connexes et de recommander les modifications à apporter à ces mesures législatives.» Le gouvernement s'inquiète particulièrement de l'importance des émissions étrangères dans la programmation canadienne. [détails]

9 septembre 1965 - Publication d'un rapport d'enquête sur la radiodiffusion au Canada
Le comité Fowler remet son rapport d'enquête sur la radiodiffusion. Il recommande principalement de placer toute la radio-télévision sous l'autorité d'une régie des ondes.

Le comité recommande la constitution d'une régie canadienne des ondes qui aurait pour mission de contrôler, de réglementer et de créer des normes de service pour tous les radiodiffuseurs canadiens. Dans sa tâche, elle devra également effectuer des études ou des recherches sur les effets sociaux et humains de la radiodiffusion. [détails]

1 septembre 1966 - Avènement de la couleur à la télévision
Radio-Canada commence la diffusion des émissions en couleurs à la télévision.

Cet événement fait suite à l'autorisation accordée par la secrétaire d'État, Judy LaMarsh, aux stations de télévision canadienne, le 13 juillet 1966. La diffusion des émissions en couleurs avait été mise à l'essai depuis le 1er juillet. À partir du 1er septembre, environ quatre millions de Québécois auront la possibilité de profiter de ce nouveau service. [détails]

11 septembre 1966 - Début de l'émission «Les Beaux Dimanches» à Radio-Canada
Radio-Canada met en ondes une nouvelle émission hebdomadaire consacrée aux productions culturelles de langue française. Elle s'appelle «Les Beaux Dimanches».

Au moment où «Les Beaux Dimanches» entrent en ondes, on dit de cette émission qu'elle perpétue «la tradition instaurée par «L'Heure du concert» et «Téléthéâtre»». En fait, «Les Beaux Dimanches» vont plus loin que ces émissions en mettant au menu spectacles de variétés, documentaires, récitals, films, etc. Le célèbre groupe Les Cyniques est en vedette lors de la soirée d'ouverture des «Beaux Dimanches», le 11 septembre 1966. Au fil des ans, le visage le plus connu de l'émission deviendra toutefois le présentateur Henri Bergeron . [détails]

27 avril 1967 - Retransmission télévisée de l'ouverture de l'Exposition universelle de Montréal
La retransmission en direct par Radio-Canada des cérémonies d'ouverture de l'Exposition universelle de Montréal permet à plus 650 millions de téléspectateurs, provenant de plus de 70 pays, de suivre cet événement.

Pour couvrir l'événement, Gisèle Mauricet et Jacques Fauteux animent «En venant à l'Expo», une émission qui met en valeur le pavillon du Québec, ainsi que «Carnet Expo», à la télévision, et «Carnets de l'Expo», à la radio. Ces émissions sont en fait des agendas culturels détaillés à l'intention des visiteurs de l'Exposition universelle de 1967. «Visite à l'Expo», animée par Andrée Champagne et Michel Pelland, permet également aux téléspectateurs de visiter le site sans quitter leur salon. [détails]

22 février 1968 - Annonce de la création de Radio-Québec
Le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, utilise une loi de 1945 pour procéder à la création d'un service provincial de radio-diffusion : Radio-Québec.

Ce geste du premier ministre est interprété par plusieurs comme une manifestation autonomiste face à Ottawa dans le domaine de l'éducation et des communications. Les studios de Radio-Québec sont situés sur la rue Fullum, à Montréal. Au début, on y fait seulement de la production d'émissions dont le contenu est souvent éducatif. Ce n'est qu'en 1972 que Radio-Québec télédiffusera sa propre programmation. [détails]

6 juin 1968 - Signature d'une entente relative aux émissions scolaires télévisées
Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-Guy Cardinal, et le vice-président et directeur général de la radiodiffusion de langue française, Marcel Ouimet, signent une entente relative aux émissions scolaires télévisées pour la saison 1968-69. [détails]

9 juin 1968 - Présentation du premier débat télévisé entre chefs politiques fédéraux
Les quatre chefs des principales formations politiques canadiennes s'affrontent lors d'un débat télévisé, le premier du genre à avoir lieu dans le cadre d'une campagne électorale fédérale.

Le débat, qui se déroule à Ottawa, oppose le chef libéral, et premier ministre, Pierre Elliott Trudeau , le chef progressiste-conservateur Robert Stanfield, le chef néo-démocrate Tommy Douglas et le chef créditiste Réal Caouette . L'économie est à l'ordre du jour au cours de cet échange sans éclat de deux heures que le premier ministre qualifiera lui-même de «chose plutôt ennuyeuse». À noter que le chef créditiste, Réal Caouette , ne participe qu'aux 40 dernières minutes du débat qui se déroulent en français. [détails]

31 décembre 1968 - Première présentation de l'émission «Bye bye» par Radio-Canada
Pour la première fois, Radio-Canada présente une revue de fin d'année intitulée «Bye bye». Elle deviendra une tradition annuelle à partir de cette date, attirant des millions de téléspectateurs québécois à chaque 31 décembre, de 23 heures à minuit.

Pour parodier les événements de l'année 1968, on fait appel aux chanteurs Donald Lautrec et Marthe Fleurant ainsi qu'à Claude Landré et Françoise Lemieux. Les apparitions de la Vierge à Saint-Bruno, la guerre au Viêtnam, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau et de nombreuses personnalités du monde du spectacle alimentent cette percutante revue satirique. Parmi les meilleurs moments des émissions «Bye bye» au fil des ans, soulignons la satire des événements d'Octobre par Olivier Guimond et Denis Drouin, le 31 décembre 1970. Cette tradition de fin d'année disparaîtra à la fin des années 90. [détails]

1972 - Ouverture de la station CBGA Matane
La station radiophonique CBGA Matane se joint au réseau français de Radio-Canada alors que CBGAT Matane rejoint le réseau de télévision. L'ouverture d'une station à Matane permettra à Radio-Canada d'étendre sa diffusion vers la Gaspésie et la Côte-Nord.

Rappelons que CBGA, autrefois CKBL, appartenait à la famille Lapointe de Matane. Son achat, ainsi que celui du poste CJBR, propriété de la famille Brillant, par Télémédia, met un terme au monopole familial des réseaux de communication en région. En 1990, la chaîne CBGAT de Matane fermera ses portes à la suite de compressions budgétaires à la télévision d'État. C'est tout l'Est du Québec qui écopera pendant cette période de restrictions et de concentration des stations vers les grands centres. Les stations de télévision de Rimouski, Matane et Sept-Îles fermées, la couverture des événements régionaux sera assurée par une équipe réduite de reporters rattachés au poste de Québec. Par ailleurs, les postes radiophoniques CBGA de Matane et CJBL de Rimouski, tous deux affiliés à Radio-Canada, sont toujours en opération à la fin du siècle. [détails]

28 juillet 1973 - Annonce de la diffusion de Radio-Québec à une clientèle plus large
Le gouvernement libéral de Robert Bourassa autorise Radio-Québec à diffuser directement sa programmation éducative sur les ondes à haute fréquence à Montréal et Québec vers la fin de 1974.

Jusqu'à cette date, seuls les abonnés du câble de Montréal et de Québec peuvent capter la programmation de Radio-Québec. [détails]

5 décembre 1973 - Inauguration de la nouvelle maison de Radio-Canada
Le premier ministre Pierre Elliott Trudeau et d'autres personnalités du monde politique et artistique assistent à l'inauguration de la nouvelle maison de Radio-Canada située dans l'Est de Montréal.

Cette soirée d'ouverture fait l'objet d'une émission télévisée retransmise sur les ondes de la Société d'État. [détails]

1975 - Ouverture de la station CJBR à Rimouski
CJBR et CJBR-FM Rimouski se joignent au réseau français de Radio-Canada, devenant la deuxième station du Bas Saint-Laurent à se joindre au réseau d'État après CBGA de Matane.

En 1977, CJBR-TV Rimouski se joindra au réseau français de télévision. Treize ans plus tard, en 1990, la station CJBR-TV fermera ses portes à la suite de compressions budgétaires à la télévision d'État. [détails]

1978 - Début de l'émission «La Course autour du monde»
Lors de ses premières saisons, «La Course autour du monde» est organisée en collaboration avec les Communautés des télévisions francophones et présentée sur la chaîne Radio-Canada.

Au début, les jeunes cinéastes sélectionnés pour participer à l'émission s'envolent vers Paris et, de là, vers les pays de leur choix. Ils avaient pour mission de tourner un court reportage chaque semaine puis de l'envoyer dans les délais prescrits au jury appelé à les évaluer. Après un arrêt de quelques années, la course reprendra en 1988, selon un nouveau modèle : désormais, la destination est annoncée à chaque année et elle est centrée autour d'un ou deux continents. Ainsi, nous aurons droit à la course destination Amériques, la course Europe-Asie, etc. En 1991, la course retrouvera sa dimension planétaire en devenant «La Course destination monde». En 1999, Radio-Canada mettra fin la production de l'émission, au grand dam des adeptes de voyages et de cultures étrangères. [détails]

3 octobre 1978 - Télédiffusion des débats de l'Assemblée nationale
Pour la première fois, les travaux de l'Assemblée nationale sont télédiffusés pour le grand public par l'entremise de la chaîne Radio-Québec.

Cette initiative survient un an après le début de la télédiffusion des travaux de la Chambre des communes, le 17 octobre 1977. Lorsque l'Assemblée nationale procède à cette «première» télévisée, le député unioniste de Johnson, Maurice Bellemare, dit espérer : «beaucoup plus de dignité dans les interventions et dans les râlements qu'on entendait de temps en temps dans cette Chambre». [détails]

1981 - Début des émissions sous-titrées pour les malentendants
Radio-Canada diffuse pour la première fois une émission de télévision sous-titrée, codée pour les malentendants. Elle s'intitule «Chanson sans parole».

[détails]

1982 - Entrée d'un service local de Radio-Canada à Sept-Îles
La société Radio-Canada implante un service de télévision locale à Sept-Îles. Il permettra aux téléspectateurs de la Côte-Nord de visionner un bulletin quotidien de nouvelles régionales.

Malgré les protestations des habitants des différentes régions concernées -Côte-Nord, Gaspésie, Bas-Saint-Laurent- , une série de coupures mèneront à la fermeture du poste en 1990. [détails]

31 janvier 1983 - Entrée en ondes de la télévision payante au Canada
Parmi les premières chaînes offertes par la télévision payante canadienne, on retrouve The Sports Network (TSN), First Choice et son pendant francophone, Premier choix. Ces deux chaînes sont spécialisées dans la présentation de films.

La diffusion de ce service reste encore limitée au Québec, la Régie des services publics n'ayant pas accordé la permission d'installer les décodeurs qui permettent de capter ces chaînes. [détails]

15 juillet 1985 - Dévoilement de statistiques sur l'industrie du cinéma au Québec
La Société générale du cinéma du Québec révèle qu'entre 1980 et 1984 les salles de cinéma et les ciné-parcs du Québec ont perdu près du tiers de leur clientèle. On attribue cette baisse de fréquentation à la popularité du magnétoscope. [détails]

4 juillet 1986 - Offre d'achat de Télé-métropole par le groupe québécois Vidéotron
Le groupe Vidéotron, le plus important câblodistributeur du Québec, se porte acquéreur de la station de télévision Télé-Métropole.

Videotron se porte acquéreur de 40 % des actions de la compagnie pour 127 millions de dollars. Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) donnera son aval à cette transaction le 27 janvier 1987. Le CRTC avait auparavant refusé une offre de Power Corporation. [détails]

7 septembre 1986 - Inauguration du réseau de télévision Quatre-Saisons
Le réseau Quatre-Saisons entre en ondes. La retransmission du gala d'ouverture se fait en direct de la Place des Arts.

Quatre-Saisons se veut une télévision urbaine, moderne, visuelle et contemporaine. Son président est Jean Pouliot et le vice-président à la programmation, Guy Fournier. Après un an d'activités, le réseau affichera un déficit de 12 à 15 millions de dollars. Mais, à l'automne 1987, les sondages BBM révéleront que Quatre-Saisons commence à obtenir une part importante du marché montréalais. [détails]

31 août 1988 - Inauguration de TV5 Québec-Canada
Le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, et son homologue québécois, Robert Bourassa, participent à l'inauguration officielle de TV5, une chaîne française qui diffuse des émissions dans 21 pays et peut rejoindre un auditoire potentiel de neuf millions de téléspectateurs.

La nouvelle chaîne, qui débute ses activités le 1er septembre, donnera au Québec l'occasion de faire connaître sa culture et son savoir-faire télévisuel dans d'autres pays. TV5 présente aussi des émissions françaises (variétés, affaires publiques, séries, etc.) aux téléspectateurs québécois. Qualifiée par le président français François Mitterand de «progrès indéniable pour la diffusion du français», la chaîne TV5 diffusera environ 60 heures de programmation par semaine. Elle n'est encore disponible au Québec que pour les foyers qui sont abonnés au câble. [détails]

1 septembre 1989 - Inauguration du Réseau des sports
Un nouveau réseau télévisé consacré exclusivement à la programmation sportive voit le jour : le Réseau des sports (RDS).

Après l'apparition du réseau ESPN aux États-Unis en septembre 1979 et TSN (The Sports Network) au Canada anglais, c'est au tour de RDS, le Réseau des sports, de voir le jour au Québec. Dorénavant, il est donc possible de voir des émissions sportives au petit écran 24 heures par jour, sept jours par semaine. Lors de sa première soirée, RDS présente une émission spéciale, son premier bulletin de nouvelles, les Internationaux de tennis des États-Unis et une partie des Expos de Montréal. Selon Claude Laberge, vice-président marketing de la nouvelle station : «On n'a pas le pouvoir des grands réseaux, dont certaines émissions rejoignent plus d'un million de spectateurs. Mais, si on tape le 300 000 certains soirs, on sera plus que satisfaits.» [détails]

18 octobre 1990 - Première présentation de la série télévisée «Les filles de Caleb»
Dans la série télévisée «Les filles de Caleb», Fernand Dansereau raconte la vie amoureuse d'une institutrice de rang, Émilie Bordeleau, avec Ovila Pronovost, un aventurier qui aime les grands espaces.

En 1990-91, Radio-Canada présente les 20 épisodes de la série «Les filles de Caleb». Ce téléroman réalisé par Jean Beaudin met notamment en vedette Marina Orsini et Roy Dupuis. Un des plus grands succès de l'histoire de la télévision québécoise, «Les filles de Caleb» obtiendra des cotes d'écoute spectaculaires de plus de 3 millions de téléspectateurs. [détails]

16 octobre 1993 - Première présentation de l'émission «La Petite vie», écrite par Claude Meunier
Radio-Canada présente la première émission de «La Petite vie», une chronique caricaturée des tribulations d'une famille québécoise. «La Petite vie» deviendra un énorme succès, non seulement au Québec, mais également en France et dans plusieurs pays de langue française.

Une création de Claude Meunier, «La Petite Vie» reprend et élargit une série de sketches réalisés au cours des années 80 dans le cadre des «Lundi des Ha! Ha!». Cette émission qui débute un samedi soir, juste avant la «Soirée du hockey», fracasse tous les records d'écoute de la télévision francophone avec plus de trois millions de téléspectateurs à chaque semaine. Cette notoriété fait de Popa (Claude Meunier) et Moman (Serge Thériault) deux des personnages les plus connus de toute l'histoire de la télévision québécoise. Parmi les nombreux comédiens qui collaborent à l'émission, soulignons les noms de Diane Lavallée, Marc Labrèche, Guylaine Tremblay, Josée Deschênes et Marc Messier. [détails]

1 janvier 1995 - Ouverture du réseau d'information continue de Radio-Canada
Radio-Canada inaugure une nouvelle chaîne consacrée exclusivement à l'information : le Réseau de l'information (RDI).

Pour contrer la concurrence des réseaux américains d'information continue tels que le réseau CNN, Radio-Canada met sur pied sa propre chaîne d'information continue de langue française : RDI. Cette décision fait suite à la permission obtenue par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) le 6 juin 1994. Celle-ci permet de créer dix nouvelles chaînes spécialisées au Canada, dont RDI, Discovery, Country, Showcase et autres. [détails]

19 août 1996 - Dévoilement du nouveau logo de la station de télévision Télé-Québec
Pour marquer la nouvelle orientation qu'elle souhaite prendre, Télé-Québec, anciennement Radio-Québec, adopte un nouveau logo qui est dévoilé au cours d'une petite cérémonie à laquelle assistent plusieurs personnalités, dont la ministre de la Culture, Louise Beaudoin, et l'ex-premier ministre Jacques Parizeau.

Ce logo est formé d'un cercle rouge, de deux lignes vertes et d'un rectangle bleu. Selon ses concepteurs, il symbolise «l'interaction entre la télévision et le téléspectateur». Il s'agit d'un nouveau départ pour la télévision d'État québécoise qui sera dorénavant connue sous le nom de Télé-Québec, et non de Radio-Québec, comme c'était le cas depuis 1968. Pour le président-directeur-général par intérim, l'ex-ministre libéral Michel Pagé, il s'agit d'une «nouvelle direction générale, un redéploiement dans neuf régions, une nouvelle approche marketing, des investissements technologiques en région et au siège social». Télé-Québec, qui compte sur un budget annuel de 53,5 millions de dollars, rendra sa nouvelle programmation publique quelques jours plus tard. Elle misera sur une bonne couverture de l'actualité, notamment de l'actualité régionale, et sur le brio des animateurs Jean-Luc Mongrain et Anne-Marie Dussault, pour tenter de gagner la faveur des téléspectateurs. En tout, environ 50 % de la programmation est remaniée en vue de cette première saison de Télé-Québec. [détails]

22 août 1997 - Acquisition de Télévision Quatre-Saisons par le consortium Quebecor
Après avoir reçu l'approbation du Conseil de radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), le consortium Québécor fait l'acquisition de Télévision Quatre-Saisons (TQS).

La transaction est évaluée à 25 millions de dollars, plus une dizaine de millions en ajustements de fonds de roulement. Le président de Québécor, Pierre Péladeau, se réjouit des exigences formulées par le CRTC et promet aux téléspectateurs québécois «une télé pas compliquée et pas outraggeusement dispendieuse». Peu de temps auparavant, le groupe Quebecor avait pris le contrôle de Diffulivre inc., une société qui regroupait une quinzaine d'éditeurs dont Bordas et les éditions du Trécarré. [détails]

18 septembre 1997 - Entrée en ondes de la station de télévision Global
Une nouvelle station de télévision anglophone entre en ondes au Québec. Il s'agit de Global, propriété de la chaîne CanWest Global.

La station Global présente des émission locales, notamment des émissions d'informations le matin et le soir. Sa programmation comprend aussi plusieurs séries et comédies américaines bien connues. [détails]

1 mars 2001 - Fin des audiences de la Commission parlementaire sur la concentration de la presse au Québec
La Commission parlementaire sur la concentration de la presse présidée par le député péquiste de Matane, Matthias Rioux, se termine par une intervention de la ministre de la Culture et des Communications, Agnès Maltais.

Pour le moment, la ministre semble peu encline à légiférer pour mettre un frein au phénomène de concentration observé depuis quelques années au Québec. Cette commission parlementaire s'est penchée notamment sur les grands groupes de presse opérant au Québec (Gesca, Québécor-Vidéotron-TVA), une tendance qui soulève certaines inquiétudes, tant chez les journalistes que chez les médias indépendants de moindre envergure. La proposition d'une taxe spéciale permettant de créer un fonds pour soutenir ces derniers ne semble toutefois pas dans la ligne de mire de la ministre Maltais qui, avant de prendre une décision, attendra le dépôt du rapport de la commission. [détails]

13 mars 2001 - Acceptation de la transaction entre Québécor et Vidéotron par le Bureau de la concurrence
Le Bureau de la concurrence annonce qu'il avalise l'acquisition de Vidéotron par Québécor, spécifiant que cette entreprise s'est engagée à se départir de la chaîne Télévision Quatre-Saisons avant le 31 décembre 2001.

Le Bureau de la concurrence aborde surtout la transaction d'un point de vue économique, et ne s'attarde pas au débat sur la concentration de la presse qui est fort animé à ce moment. Par contre, cette question sera au coeur des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui commencent le 25 mars 2001. [détails]

22 mars 2002 - Déclenchement d'une grève par les journalistes de Radio-Canada
Les journalistes de Radio-Canada entament une grève de 24 heures pour protester contre la lenteur des négociations devant mener au renouvellement de leur convention collective. Ils veillent toutefois à ne pas perturber le Réseau de l'information (RDI).

Les quelque mille membres du syndicat de Radio-Canada ont voté à 90 % en faveur la tenue d'une grève de 24 heures. Alors que la négociation d'une convention collective est au coeur de ses revendications, le syndicat demande une augmentation de salaire de 12 % pour ses membres, ainsi qu'une attention particulière portée à la question de l'équité salariale. Selon le syndicat, il existe une discrimination contre les femmes et la prochaine convention devrait y remédier. Pour sa part, la direction offre 3 % la première année et 2 % pour la deuxième. Malgré le dénouement de la grève de 24 heures, la direction refuse toujours de faire entrer les grévistes et les maintient dans un lock-out que le Conseil canadien des relations industrielles juge légal. Les employés sont déterminés à poursuivre les négociations, mais les avancées ne sont pas rapides. Le premier minstre du Québec, Bernard Landry, donné son appui aux revendications des syndiqués : «comme citoyen du Québec, comme premier ministre du Québec, je pense que la Société Radio-Canada doit régler les questions de discrimination». Il faudra attendre le 22 mai 2001 avant que les deux parties en viennent finalement à une entente. Le règlement, qui suvient au terme d'une lutte amère qui a duré près de deux mois, laisse toutefois plusieurs employés mécontents. [détails]

6 septembre 2002 - Célébrations du 50e anniversaire de Radio-Canada
Fondée en 1952, cette société publique qui fut la première chaîne de télévison canadienne, fête son cinquantième anniversaire d'existence. Pour souligner l'événement, une programmation spéciale est présentée afin de faire vivre ou revivre aux téléspectateurs les différentes émissions qui ont marqué ces cinq décennies.

Plusieurs émissions sont rediffusées et d'autres, créées tout spécialement pour l'événement, sont présentées afin de faire connaître davantage l'histoire de Radio-Canada et de ses artisans. [détails]

Commentaire

Il ne fait aucun doute que l’arrivée de la télévision en français au Québec a eu de grands impacts tant au niveau sociologique, politique et économique. Le domaine du divertissement à l’écran a été bouleversé. À preuve, les salles de cinéma ont vu leur clientèle chuter, comme le confirment les graphiques inclus dans cette page. Le domaine de l’information a également été transformé, et il n’a jamais cessé d’évoluer depuis. De la première édition du Téléjournal en 1954, en passant débats télévisés des chefs de campagne à compter de 1962, ainsi que la diffusion des premiers débats à l’Assemblée nationale en 1978, jusqu’à l’avènement des réseaux d’information continue dans les année 1990, l’évolution de cette technologie nous permet de voir les événements qui écrivent l’histoire de plus en plus rapidement, et en direct.

Durant presque une décennie, la seule télévision francophone du Québec était Radio-Canada. Au fil des années, la compétition a connu une croissance phénoménale. En 1961, la station Télé-Métropole, aujourd’hui connue sous le nom de TVA, allait devenir le principal concurrent de la télévision d’État. Et en 1968, c’était au tour du gouvernement québécois d’ouvrir une station de télévision publique. Quant à Télévision Quatre Saisons, le troisième réseau de télévision « généraliste », il a vu le jour en 1986. Parallèlement à tout cela, les grands réseaux de télévision ont multiplié leurs stations régionales. Cependant, vers la fin du siècle, des compressions budgétaires ont forcé Radio-Canada à fermer pratiquement toutes ses stations de l’Est du Québec, alors que Télé-Québec (la nouvelle appellation de Radio-Québec) n’a plus que des bureaux régionaux, avec des antennes qui retransmettent partout au Québec l’intégralité de tout ce qui est diffusé à partir de Montréal.

Une diversité concentrée…

La multiplication des chaînes publiques est un autre fait incontournable dans l’évolution de la télévision québécoise. Cependant, nous constatons que l’augmentation de la concurrence n’est pas pour autant aussi forte. En effet, ce sont des oligopoles tels que Québécor Média, Cogéco et Astral Média qui possèdent l’essentiel des stations de télévision de la province. Et dans certaines régions, les stations de télévision locales appartiennent toutes au même groupe. C’est le cas en Abitibi-Témiscamingue, où toutes les stations de télévision, ainsi que la plupart des stations de radio et des journaux appartiennent au groupe Radio-Nord.

Les réseaux nationaux de télévision dits « généralistes » n’y échappent pas non plus. TVA appartient à Québécor Médias, et TQS, à Cogéco et Bell GlobeMédias. Ces deux groupes possèdent également des stations de radio, des journaux à grand tirage, et des revues populaires. Quant à la grande majorité des chaînes de télévision spécialisées, elles appartiennent pratiquement toutes à Astral média, qui possède également plusieurs stations de radio, dont les réseaux Rock Détente, Énergie, et Radiomédia. Ainsi, dans certaines régions, comme à Sherbrooke par exemple, toutes les stations de radio (excepté Radio-Canada) appartiennent à ce groupe. Toutes ces transactions ont été autorisées par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), ainsi que par le Bureau de la concurrence. Mais ces acquisitions ne sont pas sans en inquiéter plusieurs, dont la présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Anne-Marie Dussault.

Des conflits de travail

La Société Radio-Canada n’a pas été sans vivre de conflits avec ses employés. L’un des plus importants s’est déroulé sur une période de 68 jours, soit du 29 décembre 1958 au 8 mars 1959. La syndicalisation des cadres était au cœur de ce conflit. Ces derniers voulaient se syndiquer avec la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC). L’une des figures de proue de ce conflit était René Lévesque, qui animait alors l’émission d’information « Point de mire ». Des artistes tel que Jean Duceppe, Jean-Louis Milette, et Gilles Latulippe étaient eux-aussi grandement impliqués. Un clivage entre les francophones et les anglophones marquait également le litige, puisque les Québécois avaient l’impression d’être incompris de leurs patrons et confrères anglophones. Le conflit s’est envenimé au point où le secrétaire général de la Confédération des travailleurs catholiques, Jean Marchand, ainsi que René Lévesque, ont été arrêtés sur piquets de grève.

Plus récemment, du 22 mars au 22 mai 2001, ce sont les journalistes du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) qui ont déclenché une grève d’une durée de 24 heures. Cependant, une fois que ce délais était terminé, l’employeur a décrété un lock-out, qui a duré près de deux mois. La précarité d'emplois, les salaires, l’équité salariale entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les francophones et les anglophones étaient au cœur du conflit. Ainsi, nous pouvons constater qu’encore aujourd’hui, les employés francophones se sentent injustement traités par rapport à leurs homologues anglophones. Une convention collective a finalement été signée pour une période de deux ans, laissant certains employés bien amères.






 

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