Annonce du départ de Gaston Tremblay de l'Union nationale

 

[27 octobre 1968]

Le député de Montmorency, Gaston Tremblay, annonce sa décision de quitter les rangs de l'Union nationale et de siéger comme indépendant.

Tremblay siégera désormais comme nationaliste-chrétien. Il manifeste le désir de revaloriser le rôle du député, mais s'en prend surtout au fait que l'Union nationale n'épouse plus sa vision conservatrice, notamment dans le domaine de l'éducation, une pensée qu'il résume pour la presse en déclarant : «L'Union nationale a oublié tout son programme et elle est devenue le prolongement de celui des libéraux, les créateurs du mal.» Cette défection affecte quelque peu la stabilité du gouvernement que dirige Jean-Jacques Bertrand, puisque l'Union nationale n'a plus que 54 députés, contre 48 libéraux, quatre indépendants, et deux circonscriptions qui n'ont plus de représentants. Des rumeurs d'élection circulent alors que le cabinet Bertrand se réunit pour étudier la situation. Tremblay sera défait lors de l'élection générale de 1970. Il portera à cette occasion la bannière créditiste.


En référence: Le Devoir, 29 octobre 1968, p.1 et 12. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.563-564.
En complément: Pierre Godin, La poudrière linguistique, Montréal, Boréal, 1990, p.337-358. Herbert F. Quinn, The Union nationale : Quebec nationalism from Duplessis to Lévesque, Toronto, University of Toronto Press, 1979, 342 p.

  ©  Tous droits réservés - Bilan du Siècle - Directeur: Jean-Herman Guay Perspective monde