Élections québécoises de 1976 dans les médias

 
«...À notre avis, l'enjeu principal dans cette élection - je ne dis pas le seul - c'était de savoir si le peuple du Québec était prêt, sous quelque autre prétexte que ce put être, à ramener au pouvoir un gouvernement qui a trahi sur la question fondamentale que constituent les droits et l'avenir linguistique d'un peuple. Il y a par suite une grande satisfaction à éprouver, pour tout patriote, de constater qu'effectivement cela n'a pas passé cette fois-ci plus qu'en toute autre circonstance. En 1969, c'était l'Union nationale qui avait trahi avec le bill 63; et à l'élection de 1970, l'Union nationale était battue, réduite à la plus simple expression des électeurs que l'on peut dire en quelque sorte « bêtement partisans », ceux qui voteront toujours pour le parti quoi qu'il fasse ou dise. En 1976, c'est le tour du parti libéral d'être défait à la première élection qui suit le vote du bill 22 en 1974. Et l'Union nationale qui, dans la même élection, offre de nouveau un programme de trahison sur la question de la langue se voit maintenue au niveau où elle était tombée en 1970, et cela en dépit d'un vote anglais plus fort en sa faveur cette fois-ci. »

François-Albert Angers, « Les élections du 15 novembre 1976 font retrouver au Québec le fil de son histoire », L'Action nationale, janvier 1977, p. 322.


«...C'est une illusion considérable que de prétendre que le Parti québécois est un parti comme les autres, tout comme c'en fut une de penser que le Québec était une province comme les autres. L'idée indépendantiste ne souriait, le 14 novembre, qu'à 20 p. cent de l'opinion ? Elle était, dès le 16, auréolée du prestige du succès, et honorable. Elle sera demain forte de la puissance pédagogique de l'État. Et le malaise qui l'a engendrée persiste... La révolution tranquille n'a pas été un épisode. C'était une avant-première, réalisée par une avant-garde. À la conquête de l'infrastructure gouvernementale succédera celle de la vie économique et des grands leviers politiques. Malgré les apparences, non seulement la renégociation d'un pacte entre francophones et anglophones est-elle possible, elle semble plus faisable que jamais. Comment soigner un malade dont tous ses médecins prétendent qu'il est en parfaite santé, et que ses malaises ne sont que des illusions psychosomatiques ? Les dernières élections ont révélé l'erreur de diagnostic du docteur Welby-Trudeau. Il faut maintenant éviter le remède de cheval qu'il va sans doute nous proposer, choisir la solution négociée plutôt que le traitement en catastrophe. »

Jean Paré, « Adieu, docteur Welby ! », L'Actualité, janvier 1977, p. 4.


«...Dans l'immédiat, le PQ doit surtout sa victoire à la stratégie astucieuse qui l'a conduit à combattre le gouvernement sur le terrain de celui-ci et à promettre des choses concrètes à la population tout en reportant à plus tard le débat sur l'indépendance. Résolus à changer de gouvernement, les électeurs se sont fiés à la parole de M. Lévesque et lui ont donné mandat de procurer au Québec à l'intérieur du cadre constitutionnel actuel le bon gouvernement qu'il leur a promis. C'est là une limite très importante qui a probablement fait la différence entre le résultat d'hier et le résultat beaucoup plus douteux qu'eût entraîné une élection centrée sur le thème de l'indépendance. Il faudra veiller à ce que les engagements pris à cet égard soient scrupuleusement respectés. Par-dessus tout autre facteur, c'est la perspective de confier les affaires du Québec à une équipe neuve, intègre et munie de compétences abondantes et diversifiées qui induit les Québécois à porter le PQ au pouvoir. C'est là-dessus qu'il faudra suivre la nouvelle équipe gouvernementale au cours des prochains mois. C'est là-dessus qu'elle devra d'abord faire ses preuves. »

Claude Ryan, « Une étape décisive », Le Devoir, 16 novembre 1976, p. 1.


«...C'est un défi sans précédent que René Lévesque et son équipe ont à relever pour faire leur marque et s'attirer la confiance de tous et renforcer leur crédibilité. René Lévesque et ses quelque 68 députés vont devoir former une équipe unie. Le leadership du nouveau Premier ministre va devoir être incontestable et incontesté. Autrement dit, chaque geste, chaque parole, chaque comportement devront être étudiés afin que la brouille ne s'installe dès le début dans l'équipe au pouvoir. Un petit nombre d'entre eux, ceux qui ont bataillé plusieurs années dans l'Opposition, ont l'expérience des affaires publiques et administratives, mais les soixante autres auront à apprendre le métier sur les bancs de l'Assemblée nationale. Quant à ceux qui ont porté le PQ au pouvoir et ceux qui auraient bien voulu le voir battu, ils devront accepter tous les inconvénients d'une politique spartiate car le temps n'est plus à la mégalomanie, ni aux rêves, mais à la dure réalité de la période des vaches maigres. Tout le monde va payer pour les inconséquences du régime Bourassa. »

Charles Petit-Martinon, « Du plain sur la planche », La Patrie, 21 au 27 novembre 1976, p. 4.


«...M. Lévesque a bien précisé que son gouvernement n'oubliera pas un seul des engagements pris par le PQ durant la campagne électorale, notamment celui de ne pas bousculer les Québécois, de ne pas agir à l'encontre de leur volonté, de ne pas faire l'indépendance du Québec sans que les Québécois n'en aient clairement manifesté le désir dans un référendum. M. Lévesque et ses principaux collaborateurs sont des démocrates authentiques et des hommes d'honneur et on doit prendre leur parole à cet égard. Et on doit d'autant moins craindre qu'ils la renient que l'électorat a dit sans équivoque qu'il ne voulait que changer de gouvernement, rien de plus. Avec l'élection d'hier le Québec a pris un tournant historique majeur. Il est maintenant envisageable qu'un jour il se sépare du Canada pour ensuite établir des liens différents avec lui; il se peut aussi qu'il réussisse à renégocier un nouveau contrat fédéral sans en venir à la séparation. En plus, le Québec s'acheminera dans une voie socio-économique inusitée et très différente de ce que nous avons connu, si bien que l'alternance se fera à l'avenir entre le libéralisme économique et le socialisme démocratique. »

Marcel Adam, « Un résultat clair au sens équivoque », La Presse, 16 novembre 1976, p. A4.


«...Robert Bourassa n'a jamais fait vibrer les masses. Il ne les a jamais véritablement séduites. Il les a rassurées; ou il les a refroidies, je ne sais trop. Il ne les a jamais véritablement entraînées. Produit de la télévision et des moyens modernes de communication, a-t-il été servi par eux, pour être finalement détruit par eux ? Peut-être. Quoi qu'il en soit, les peuples, pas plus que les individus, ne se passent de sentiments. C'est l'une des leçons de cet étrange règne de plus de 6 ans. On ne peut pas parler constamment à un peuple de son niveau de vie sans finir par le laisser OU LASSER, à moins qu'on ne puisse lui offrir la lune, car il finira par réclamer la lune. Il y a l'argent, bien sûr. (...) Mais, par-delà le niveau de vie, il aurait fallu que M. Bourassa pût offrir à notre peuple une once de gloire. C'était au-dessus de ses moyens. »

Guy Cormier, « Robert Bourassa le mal-aimé », La Presse, 17 novembre 1976, p. A4.


«...Les Québécois ne sont donc pas attachés irrémédiablement à un seul parti et ils peuvent signifier de façon indubitable leur mécontentement et leur désapprobation à ceux qu'ils avaient auparavant portés au pouvoir. Cela est sûrement positif du point de vue démocratique. Mais cela traduit peut-être aussi de l'inconstance, de la versatilité, et peut manifester davantage le mécontentement à l'égard d'une administration qu'une confiance absolue à un programme nouveau et à un autre parti. Le pourcentage des voix accumulées par chaque parti à la dernière élection indique, me semble-t-il, le peu de crédibilité accordée au Crédit social et au Parti national populaire ainsi que le rejet de la politique de M. Bourassa, mais est assez loin de signifier un appui inconditionnel au Parti québécois et à son option séparatiste. Les Québécois ont plutôt pris une chance par rapport à une équipe bien organisée, dirigée par un chef qui a des options claires et qui les exprime dans un langage où le peuple se retrouve, équipe qui compte aussi plusieurs noms assez prestigieux. »

Jean-Guy Pagé, « Commentaires à la suite de l'élection du 15 novembre », Relations, décembre 1976, p. 328.


«...Le Québec (...) a pris le plus gros risque en même temps que le plus gros défi de son existence. Ce défit est double car le gouvernement que les électeurs québécois viennent de se donner est dédié à deux grands objectifs : celui de la souveraineté politique de l'État du Québec et celui de la « social-démocratisation ». Le Parti québécois est le parti politique le plus nationaliste jamais porté au pouvoir à Québec et en même temps le plus à gauche. Or, en ce qui concerne ces grands objectifs, l'élection d'hier marque le signal de départ et non un point d'arrivée. Dans des matières aussi fondamentales, il y a loin de la coupe aux lèvres. Un monde de différence sépare les intentions théoriques d'un jeune parti politique ayant moins de dix ans d'existence, comme l'a rappelé avec pertinence M. Lévesque devant ses partisans hier soir, et la dure réalité d'un programme concret de gouvernement. Le nouveau premier ministre et ses futurs collègues du Conseil des ministres devront faire preuve d'énormément de tact, de prudence et de réalisme dans l'apprentissage du pouvoir. Cela s'avère d'autant plus nécessaire que c'est précisément sur ces deux aspects les plus fondamentaux du programme péquiste que le mandat donné hier par la population apparaît le plus confus. »

Claude Beauchamp, « Une étape historique », Le Soleil, 16 novembre 1976, p. A4.


«...It is thus urgent for the prospective PQ government to replace the party platform with government policy which will neither abandon the party's long term goals nor attempt to achieve them with the celerity that party members desired. To abandon them would be impossible, a breach of faith. We must all recognize that. But to pursue them to the letter would be to go farther and faster than the people of Quebec now wish. Yesterday's vote, and polling which preceded it, indicate that the majority of Quebecers would like the province to remain in Canada. For many, Canada is dear indeed. It would be only realistic for Mr. Levesque and his party to realize that those who would keep Canada together will continue to hope, and to work, for that goal. But if all act as democratically as Mr. Levesque and his party have, the coming years, though stressful, can be productive ones for Quebec and Canada, which have ever shown a genius for negotiation, compromise and peaceful settlement. »

« Parti Quebecois victory », The Gazette, 16 novembre 1976, p. 8.


«...The PQ won and the Liberals lost last night for the same reasons which have led to the defeat of sitting governments recently in Canada, in the United States and throughout the Western world. Voters had lost faith in the capacity of the government in power to cope with the problems of inflation, high unemployment and slow economic growth. They had lost their trust in a government which they saw as careless about political morality and remote form the people it sought to govern. And they decided the time had come to give another party the chance to do better. The PQ won its clear majority for another reason - the split of votes which tends to give the leading party a disproportionate number of seats under the Canadian system of single-member constituencies. (...) The split in the popular vote (...) should also temper the new government's enthusiasm to push for Quebec's independence, the fundamental plank in its platform which remained hidden for most of the campaign. A substantial majority of Quebec voters cast their ballots for federalist parties. If the polls are any guide, more than half of those who voted for the PQ do not support independence. Whatever else it may have been, yesterday's vote was quite clearly not a mandate for separatism. »

« The challenge for a PQ government », The Montreal Star, 16 novembre 1976, p. A6.


«...The days ahead are going to be some of the most difficult we have known. Anxieties, irritations, resentments - we'll have enough of them. Patience, purpose and confidence - these will be precious and in short supply. Te best hope of coming through it is to face up honestly to the threat - and perhaps the first point of honesty is to admit that it is, to whatever concepts of Canada we have had in the past, a threat. It is a threat that has a price, not just for the people of Quebec but for the people of the whole country. We will have to come very quickly to the examination of that price - a price that does not turn only on who gets what part of the national debt, or how you split Air Canada, or on the terms of a new life in a common market, but one that touches every aspect of how we live with ourselves and relate to our neighbors. We know what the Premier of Quebec really wants. We think he is wrong. And we will have to prove it. »

« And now to be honest », The Globe and Mail, 16 novembre 1976, p. 6.


«...Despite Lévesque's soothing words, Canadians have every reason for disquiet. At the moment, polls show that probably no more than 20% of Quebeckers would vote for separation; yet with all the resources of the provincial government at his disposal, Lévesque has increased his party's persuasive abilities. He will be able to stage-manage confrontations with Ottawa in order to make it appear that Quebec would be better off on its own. If a majority voted yes in a referendum, Canada could even be « Pakistanized » : the economically depressed Maritimes might be separated from Ontario and the western provinces by more than 300 miles of alien territory. The economic shock would be just as great, since Quebec accounts for fully 23.3% of Canada's G.N.P. With the secession of Quebec, the north-south affinities of the Atlantic provinces and British Columbia might lead them to make overtures to the U.S. for some form of economic union. The possibilities have been discussed by local doomsday thinkers - now all 23 million Canadians must give them thought. »

« Not Doomsday, but a shock », Time (édition canadienne), 29 novembre 1976, p. 16.


«...Whether French Canadians continue to like us is less important than what value we place on each other, how useful both parties can be within a continuing Canadian alliance. As Lévesque and his disciples coo the siren song of self-determination, the political leaders of English Canada will find themselves faced with new challenges to their sense of moderation. Having no familiar framework within which to fix Quebec's inexorable impulse toward social change, they will be tempted to interpret each of Lévesque's moves to limit federal powers as the hot breath of revolution. What makes Quebec different, what allowed Lévesque to win, was that his sense of country had long ago moved beyond policy or even ideology. At this critical juncture of Canadian history he finds himself buoyed up by the existential superiority that Albert Camus once described in a letter to a friend : « This is what separated us from you : you were satisfied to serve the power of your nation while we dreamed of giving ours her truth. »»

Peter C. Newman, « Lévesque can only propose separation English Canada can make it inevitable », MacLean's, 29 novembre 1976, p. 10.


«...the task for Quebec and Ottawa is to work out a constructive, mutually supportive relationship. Much has already been done by Ottawa to alleviate economic discrimination against Quebec; the federal government now pours in $1.5 billion more a year than it takes out in taxes. Progress has also been made on the cultural front. Yet many French-speaking Quebecers still suffer cultural discrimination and feel themselves second-class citizens of Canada. With René Lévesque in power, the Quebecers will have new leverage to demand more authority over their own affairs and to enhance the status of their province. If Ottawa cooperates in this legitimate goal and Quebec exercises restraint - and if all Canadians strengthen their unity through mutual tolerance and understanding - there is no reason to fear that Quebecers will one day want to go the divisive way of independence. »

« Quebec's new choice », The Christian Science Monitor (États-Unis), 17 novembre 1976, p. 36.


«...Sans doute peut-on faire confiance à la modération et à l'obstination de M. Lévesque pour rendre possible et viable l'accouchement de ce phénomène singulier : l'accession à l'indépendance d'une société moderne en plein continent nord-américain. Dans l'immédiat, la parti québécois doit s'acquitter d'un mandat sans équivoque. Il lui faut s'occuper de bonne gestion avant de songer à changer l'histoire. L'administration Bourassa laisse un déficit budgétaire considérable, des impôts très élevés, une dette publique excessive. L'économie piétine, et le processus de négociations et d'entente entre les partenaires sociaux est à peu près rompu. Le parti québécois devra donc s'efforcer de tenir ses promesses de réformes et de remise en ordre. Sa tâche ne sera pas facile : on lui demande de se montrer à la fois économe et réaliste, d'entretenir la flamme de l'idéal, de ne brusquer personne sans subir pour autant l'usure du pouvoir. Les mécontents qui ont renversé le gouvernement libéral peuvent demain se retourner contre le vainqueur d'aujourd'hui. »

« Le fait français », Le Monde (France), 17 novembre 1976, p. 1.


«...L'avenir seul dira ce que deviendra le Québec après la victoire du parti indépendantiste et, avec lui, de ces « nègres blancs » que les Québécois ont eu si souvent conscience d'être par rapport à la domination des « maudits Anglais ». Il faudra faire le départ de ce qui, dans le scrutin du 15 novembre, relève du mécontentement « conjoncturel » et de l'aspiration à une souveraineté pleine et entière. Le PQ a mis de l'eau dans son vin au cours de ces dernières années. Autrement, il ne l'aurait pas emporté. Et la majorité des Québécois paraît toujours hostile à l'indépendance. Il semble donc peu probable que le Canada ait à subir l'amputation pure et simple de sa partie québécoise, ce qui le vouerait à l'absorption, à plus ou moins brève échéance, par les États-Unis, quitte pour les francophones des autres provinces à disparaître ans l'ensemble anglophone. En revanche, on ne voit pas par quel miracle pourrait demeurer en vie l'ambition de Pierre Elliott Trudeau de bâtir au nord de l'Amérique la première nation harmonieusement bilingue de l'histoire. »

André Fontaine, « La victoire des « nègres blancs » », Le Monde (France), 17 novembre 1976, p. 3.


«...Généreux, idéaliste, pudique, M. Lévesque est souvent caricaturé sous les traits d'un cocker aux yeux tristes, mâchonnant un éternel mégot. Affligé d'une modestie maladive, il support les applaudissements comme une pénitence inévitable. Il semble avoir l'estime de tout le monde, sauf de lui-même. Il faisait, jusqu'au 15 novembre, un bel opposant malheureux. Maintenant, il va devoir exercer le pouvoir. Les partisans du « Québec libre » sont au pied du mur. Ou ils réalisent l'indépendance dans les prochaines années, ou ils devront y renoncer définitivement. Péquiste n'est pas synonyme de séparatiste. Dans son idéalisme ambigu, le P.q. amalgame indépendantistes et sociaux-démocrates. C'est le seul grand parti progressiste au Québec. Les socialistes ne peuvent pas aller ailleurs, même si l'idée de l'indépendance les inquiète. Pourtant, le programme péquiste comporte la recherche de cette indépendance. Cela a suffi pour inquiéter la Bourse au Canada; tandis que M. Robert Bourassa, ancien Premier ministre libéral du Québec, et M. Joe Clark, chef de l'opposition conservatrice au Parlement fédéral, employaient sans s'être concertés la même expression : « éviter la panique ». »

A. de P., « Québec : l'indépendance est-elle possible ? », L'Express (France), 22 au 28 novembre 1976, p. 54.


«...On the morrow of victory Mr Levesque renewed that reassurance - a referendum on independence in two years time, and meanwhile a programme to restore prosperity. Because this will be difficult, Canadians in other provinces have concluded that in two years Mr Levesque may be in too much trouble over kitchen issues to attempt the referendum, or to win it if he tried it. They recall that Mr Daniel Johnson, after beating the big drum about more provincial autonomy, had to hurry to New York to reassure the bankers. Today Quebec is just as badly in need of American capital. But Mr Levesque can see these difficulties as well as anyone else. If it proves hard to create jobs and reduce unemployment, he knows he has the needful scapegoat in Anglo-Saxon capitalism and in confederation. Moreover, he has an untried team behind him, and some of these have created nationalist expectations less cautiously than their leader (though some are conservative in political pedigree). The fact is that the Parti Quebecois must inject a new urgency to the prospect of a confrontation with the rest of Canada simply by its preponderating numbers. Mr Levesque is not the sort of leader or thinker, moreover, to let it forget its philosophy. »

« A Real Threat to Canada », The Times (Royaume-Uni), 17 novembre 1976, p. 19.



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