| «...L'hyper-abstentionnisme de 2008 a permis au PLQ de se faufiler entre tous et de décrocher un troisième mandat gouvernemental consécutif. Il appert toutefois que le parti n'a à peu près pas amélioré son résultat de 2007, avec pour résultat que jamais, depuis 1960, un gouvernement n'a été formé sur la base d'un aussi faible appui populaire. Ces élections portent en leur sein les germes d'une crise de légitimité des gouvernants. L'électorat sans attaches partisanes est un réservoir d'électeurs critiques susceptibles de contester la gouverne sans obligation de loyauté envers le parti au pouvoir et sans fidélité envers l'un ou l'autre parti dans l'opposition. La chose est d'autant plus probable que le PLQ reste d'abord et avant tout un parti dirigé par des fédéralistes radicaux, ainsi que l'a montré l'influence des non-francophones dans tous les ministères les plus importants, un parti qui est, donc, profondément hostile aux intérêts et aux droits de la majorité francophone. Comme sa gouverne dure depuis 2003, de nombreux problèmes aggravant les iniquités qui touchent les francophones s'accumulent. À l'issue du scrutin du 8 décembre, le nationalisme québécois dort encore, mais la moindre étincelle en provoquera le réveil. »
Pierre Serré, « Le douloureux bilan des élections du 8 décembre 2008 », L'Action nationale, mars 2009, p. 52. «...Premier ministre de tous les Québécois, Jean Charest devra l'être aussi dans la défense de l'identité québécoise. Pour nous convaincre de sa volonté d'agir, il a repris ces derniers mois le thème cher à Robert Bourassa de la souveraineté culturelle. Il a même osé une intrusion dans la campagne électorale fédérale pour demander à Ottawa de reconnaître au Québec le rôle de maître d'oeuvre des investissements en matière de culture. Il a si souvent dit ces dernières années que «le fruit n'est pas mûr», qu'il est difficile de savoir s'il fera l'effort d'aller goûter à ce fruit. Jean Charest a tenté au cours de cette campagne de briser l'image du «Canadien d'abord» qu'il gardait de son passage en politique fédérale. Ces derniers jours, il s'est même dit «Québécois d'abord», ce que l'on n'a pas entendu souvent de sa bouche. Capitaine Québec plutôt que capitaine Canada, quoi! L'élection étant chose du passé, reste à voir si la nouvelle image du premier ministre résistera à l'épreuve des faits. Se retrouver à l'Assemblée nationale à la tête d'un gouvernement tout juste majoritaire devrait l'inciter à être le leader rassembleur qu'il a dit qu'il serait. C'est ainsi que l'ont voulu les électeurs en se gardant dans un réflexe de prudence de lui donner une trop forte majorité. » Bernard Descôteaux, « Des Québécois prudents », Le Devoir, 9 décembre 2008, p. a8. «...Il ne faut pas croire que ce soient les députés adéquistes qui ont perdu, puisqu'ils ont été largement absents de l'opinion publique. Virtuels inconnus hors de leurs circonscriptions, ils ne peuvent être blâmés pour leurs défaites. Il faut regarder plutôt au bureau du leader et cofondateur de l'ADQ, M. Dumont. (...) Mario Dumont n'a qu'à regarder dans le miroir pour voir la cause de la déroute de son parti, comme il méritait toutes les accolades pour le raz-de-marée adéquiste de l'élection de 2007. Il a porté l'ADQ à bout de bras pendant plus de 12 ans avant de voir ses efforts récompensés. En 2007, la population québécoise était insatisfaite du bilan libéral de l'équipe de M. Charest et ne se sentait pas à l'aise de se tourner vers le Parti québécois mené alors par André Boisclair. Sans autre option, elle a pensé que l'ADQ pourrait être une solution. Une année et demi d'exercice de l'opposition officielle a démontré que, sauf quelques exceptions comme Gilles Taillon, défait dans la circonscription outaouaise de Chapleau, M. Dumont n'avait pu bâtir son parti au-delà d'une bande de petits politiciens locaux. Ils ont paru bien sombres devant les réflecteurs de l'Assemblée nationale. » Pierre Jury, « Pari gagné, pari perdu », Le Droit, 9 décembre 2008, p. 16. «...Avec l'élection d'Amir Khadir, on peut avancer que l'Assemblée nationale n'a jamais connu un spectre idéologique aussi large: voici maintenant un représentant d'un parti fermement ancré à gauche et sept représentants de l'ADQ, clairement à droite, autour d'un noyau de députés des deux principaux partis assez interchangeables au plan idéologique en santé, en éducation, en économie, le PQ et le PLQ n'étant vraiment séparés au bout du compte que par la question constitutionnelle et les lois linguistiques. Plus que jamais, donc, la présence de voix discordantes, à droite et à gauche, devient nécessaire -c'est peut-être précisément la cause de leur présence. On n'aurait pas cru la chose possible avec notre mode de scrutin, qui a tendance à faire disparaître les voix plus marginales. Mais les électeurs, dirait-on, ont déjoué cette vieille logique de la science politique et ont trouvé le moyen d'exprimer une largeur de vue plus représentative de la société québécoise, dans ce cadre pourtant contraignant qui ne reflète pas justement les suffrages exprimés. » Yves Boisvert, « Une Assemblée nationale plurielle », La Presse, 9 décembre 2008, p. A16. «...Une victoire à l'arraché, certes. Mais surtout, une victoire aux allures de guerre d'usure, remportée presque par défaut, avec un taux de participation de 57,31 %, le plus bas depuis 1927. Lundi, 1,4 million d'électeurs ont voté en faveur des libéraux de Jean Charest. Mais 2,5 millions ont tout simplement choisi de rester chez eux... Pour justifier l'inquiétante apathie des électeurs, on évoque les sondages, le froid, les tendances mondiales lourdes et, pourquoi pas, tant qu'à y être, la concurrence déloyale d'activités aussi passionnantes que les concours d'imitation du cri de l'oie blanche ou de fabrication de bulles de savon. Mais le premier ministre Charest n'a rien fait pour arranger les choses. Après tout, c'est lui qui a choisi de déclencher des élections. Pas Mario Dumont ou Pauline Marois. Le fardeau de la preuve lui incombait. Or, quatre semaines plus tard, on cherchait encore une raison valable pour déclencher le scrutin. Et quand on demandait au premier ministre de nommer un seul projet que l'opposition aurait empêché de réaliser, il devenait évasif, pour ne pas dire carrément vaseux. » Jean-Simon Gagné, « Jean Charest et la pénurie d'enthousiasme », Le Soleil, 10 décembre 2008, p. 9. «...The big news last night, bigger than the generally-foreseen Liberal victory, was the revival of the PQ under Pauline Marois. Taken with the strong Bloc Québécois showing in the October federal election, this persistence of separatist parties is bitter medicine for federalists, and especially for all who had hoped for a new era in our politics. In March 2007, after Charest stumbled back to office with a minority of Assembly seats, we and many others welcomed the arrival of a new force. The day after that vote we wrote, with more optimism than prescience, « the old federalist-sovereignist polarity was shattered, perhaps permanently...» But this morning the Action Démocratique du Québec in again reduced to a corporal's guard, and the PQ has reclaimed its status as the default party for much of the francophone population. Sovereignist parties continue to flourish even though sovereignty seems -for now - to be far down Quebecers' agenda. » « Narrow Liberal majority reveals Quebec's malaise », The Gazette, 9 décembre 2008. «...When in 2007 the Action Démocratique du Québec, led by Mario Dumont, rose to 41 seats and official-opposition status, a prospect arose that this conservative, non-separatist party and the centrist Liberals could eventually alternate in power, following the wholesome pattern in most democracies. Unfortunately, Mr. Dumont frustrated that hope by flirting with ethno-cultural nationalism, without successfully articulating policies more open to market forces than those of the Liberals and the PQ. A wave of fears about cultural diversity, from which Mr. Dumont tried to benefit, has calmed down, partly thanks to the report of the Bouchard-Taylor commission on reasonable accommodation, appointed by Mr. Charest. Meanwhile, the inexperience of the ADQ MNAs (députés) became evident : there will now be only seven of them. When Mr. Charest entered provincial politics in 1998, he offered a less statist liberalism, which has since faded. The present economic crisis is in any case a time that favours activist government. But the restored Liberal-PQ duopoly is not conducive to the healthy debate between social democrats and economic conservatives that Quebec will need, sooner or later. » « Two's company again », The Globe and Mail, 10 décembre 2008, p. A16. |
|
